LA RENAISSANCE FRANÇAISE
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Célébrations parisiennes 2016 du Centenaire de La Renaissance Française


Dernières célébrations parisiennes du
Centenaire de La Renaissance Française

  Commencées en septembre 2015, les célébrations parisiennes du centenaire de La Renaissance Française se sont terminées les 21 et 22 septembre 2016 par une journée d’hommage au Président Raymond Poincaré, fondateur de notre institution, ainsi que par une journée culturelle et de divertissement à Montmartre. Dans le cadre de certaines délégations le Centenaire sera célébré jusqu’au mois de décembre.

I – Hommage à Raymond Poincaré

  Le 21 septembre en début d’après-midi, à l’Académie des Sciences d’Outre-Mer, il a été rendu hommage à Raymond Poincaré, Président de la République française durant la Grande Guerre et fondateur de notre institution. Avant l’intervention du Général d’armée Elrick Irastorza, Président du Conseil d’administration de la Mission du centenaire de la première guerre mondiale, qui représentait le Président de la République, ont successivement pris la parole le Professeur Philippe Bonnichon, Président de l’Académie, qui a ouvert la séance (voir discours) et le Professeur Denis Fadda, Président international de La Renaissance Française (voir discours).

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Le Professeur Philippe Bonnichon, Président de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer rappelle les fondements de La Renaissance Française et souligne les convergences entre l’Académie et notre institution.
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Le professeur Denis Fadda retrace la biographie de Raymond Poincaré en distinguant le Visionnaire et en soulignant l’objectif de paix qui a animé toute son action.

  Le Général Irastorza a choisi pour thème de sa conférence « Le Politique et le Soldat pendant la guerre de 14-18 ». Il trace l’histoire de la Grande Guerre en analysant les événements avec beaucoup de précision, de pertinence et de profondeur. Un exposé passionnant et riche d’enseignements.

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  À l’issue du colloque, une convention d’amitié est signée entre La Renaissance Française et Le Souvenir Français - deux organisations dont l’histoire se confond avec celle de la Grande Guerre - une convention qui ouvre la voie à un partenariat qui sera certainement fructueux.

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  En fin d’après-midi, les membres de La Renaissance Française et leurs amis se sont retrouvés à l’Arc de triomphe pour une splendide cérémonie de ravivage de la flamme en hommage à tous les combattants de la Grande Guerre, cérémonie accompagnée par la Musique de la police nationale remarquablement dirigée. Le ténor arménien Rouben Elbakian a interprété une très émouvante Marseillaise.

  Une gerbe a été déposée, avec le Général Irastorza, par le Président international de La Renaissance Française ; en signe d’amitié à l’égard de notre institution, M. Serge Barcellini, Président Général du Souvenir Français, en a déposé une aussi.


  Le dîner au restaurant Bon, dans le 16e arrondissement, a ravi les convives autant par sa qualité gastronomique que par le charme du décor. L’atmosphère chaleureuse et intellectuellement stimulante a donné la possibilité aux membres de La Renaissance Française venus de divers coins du monde de faire connaissance et d’ébaucher des projets communs. Avant d’entrer dans le restaurant, les convives ont pu admirer l’architecture art-déco de l’immeuble.

  II - Culture et détente à Montmartre
  La visite très complète du Musée de Montmartre a été l’occasion d’un épisode culturel exceptionnel sur l’histoire mouvementée du Village de Montmartre et sa fréquentation souvent romanesque par les artistes qui ont fait sa renommée : Renoir, Utrillo, Suzanne Valadon, Erik Satie… et l’inoubliable Poulbot.

  Le déjeuner au restaurant La bonne franquette a été marqué par l’intervention brillante de Pierre-Yves Bournazel, Conseiller de Paris et Conseiller régional d’Ile-de-France, sur la vie de la « République de Montmartre ». Les poètes de la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie (SAPF) et de La Renaissance Française, accompagnés du chanteur Fremo, ont improvisé d’agréables moments de détente.

  Enfin l’historien Philippe Lamarque a rassemblé les participants devant la vieille église de Montmartre pour un exposé sur l’histoire des lieux.

  La visite de la basilique du Sacré-Cœur a clôturé cette belle journée.



Discours de Mr BONNICHON

Discours pour le Centenaire de la Renaissance française DE Monsieur Philippe Bonnichon
Président de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer

Monsieur le général, représentant de Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président,
Messieurs les officiers généraux,
Messieurs les Présidents,
Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Chers confrères et consœurs,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

  Les Anciens symbolisaient la renaissance par un oiseau merveilleux, le phénix, censé renaître de ses propres cendres.

  Au cœur d’un embrasement général qui vit se sacrifier, sous un déluge de fer et de feu, sur notre sol, une France rurale millénaire dont la mort s’égrène dans les patronymes de nos cimetières, peut-être est-ce inconsciemment au moins pour l’avocat de grande culture qu’était Raymond Poincaré, cette image du phénix qui était présente à son esprit lorsqu’il conçut dès 1915 la création de La Renaissance Française qui vit le jour l’année suivante, de manière institutionnelle et dont nous célébrons ici-même aujourd’hui le centenaire.

  Comme Mangin, qui revendique encore sur le socle de sa statue parisienne le recouvrement de la terre de ses pères, Poincaré était un Lorrain qui, à dix ans, avait été marqué par l’occupation prussienne de Bar-le-Duc. Sans doute le goût et la volonté d’une renaissance française dans leur terre natale était-elle plus profondément ancrée au cœur de ceux qui avaient eu à en souffrir la perte ou la mutilation ; on a beau jeu de leur faire de nos jours grief de leur intransigeance envers l’ennemi d’hier. Ces blessures doivent être reconnues pour pouvoir se cicatriser.

  Nous sommes ici pour célébrer un centenaire, votre centenaire, celui de La Renaissance Française. Célébrer, c’est faire œuvre de mémoire. Un centenaire, c’est le temps d’une histoire. Mémoire et histoire ne se confondent pas. Je cite ici l’historien Bédarida : « la mémoire se fait contemporaine de ce qu’elle tente de transmettre … l’histoire s’en distancie en tentant d’en extraire le sens … les trajectoires ne sont pas les mêmes : la mémoire a pour objectif la fidélité, l’histoire, la vérité ».
  Mais entre ces deux trajectoires, les passerelles existent et votre institution témoigne que l’on peut – que l’on doit sans doute – être fidèle à cette vérité qui toujours se cherche dans l’inlassable invention du présent. C’est cette invention créatrice que les actions permanentes de La Renaissance Française, au long du siècle écoulé, nous donnent de mesurer. Car si « la mémoire est l’avenir du passé », selon Valéry, cet avenir advenu c’est donc nous, qui sommes ici présents, après un siècle ; et présents pour constater que l’intuition des fondateurs est toujours génératrice de culture, sans ces « trous de mémoire » qui compromettent la vie elle-même, celle des individus amnésiques comme celle des collectivités qui, faute de transmission, de fidélité à elles-mêmes, risquent de se dissoudre, ne sachant plus ce qu’elles sont, c’est-à-dire ce qu’elles ont reçu pour pouvoir encore donner.
  C’était bien l’intuition du Président Poincaré, secondé par un autre Lorrain, encore, Lyautey dont les ennemis ravagèrent intentionnellement le berceau familial : une guerre est toujours culturelle et c’est pourquoi la renaissance doit l’être, ne peut que l’être.
 Restaurer la culture française et les valeurs francophones dans les provinces perdues dont, au cœur de la mêlée, en 1915, en 1916, on escomptait bien le retour, c’est le projet de La Renaissance Française.

Cet humus de l’humanité qu’est la culture permet entre les hommes, entre les peuples – et nombreux sont aujourd’hui ceux auprès desquels rayonne La Renaissance Française – permet dis-je le partage, la solidarité, donc la paix ; c’est un don actif, jamais épuisé car toujours à réinventer et ce don de renaissance se traduit pour la France, hier envers les provinces recouvrées, aujourd’hui, dans le concert mondial, par le soutien à la francophonie, bien commun à de nombreux peuples qui y trouvent comme une porte, parmi d’autres, d’ouverture à l’universel. Il y faut des institutions durables qui sachent concourir à « promouvoir la culture, distinguer les mérites », vous saurez vous y reconnaître.

  Le centenaire de votre institution nous garantit que l’avenir lui reste ouvert. Et si vous avez tenu à nous faire l’honneur de cette célébration ici même à l’Académie des Sciences d’outre-mer, c’est qu’à l’évidence la convergence, pour ne pas dire l’osmose est prégnante entre nos deux institutions.
  Notre Académie, vous le savez, a été fondée au lendemain de la Grande Guerre qui avait associé les populations des colonies à la victoire commune marquée par la réintégration de l’Alsace-Moselle. Notre mission dès l’origine, est d’étudier sous tous les aspects de la connaissance les questions relatives aux autres continents, aux outre-mer, d’éclairer le pouvoir, lui faire le cas échéant des propositions, à la lumière de la culture ultra-marine acquise. Ouverture donc sur le vaste monde, par le rayonnement français.
  Parmi les fondateurs de notre Académie, parmi ses membres les plus illustres, ceux qui l’ont présidée, au milieu des explorateurs, des administrateurs, des savants, des médecins célèbres, on trouve des maréchaux de la Grande Guerre, Joffre, Lyautey, Franchet d’Espérey, des généraux, Mangin, Marchand, trois futurs Présidents de la République ; on trouve plus tard des illustrations de la seconde guerre mondiale ; et aujourd’hui, si j’en juge par votre Bureau et votre Conseil d’administration, fort nombreux sont les membres de La Renaissance Française qui font partie de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer : à commencer par votre Président honoraire, par vous-même, M. le Président qui êtes Président honoraire de l’Académie ; à continuer par notre vice-président, qui compte parmi vos administrateurs. Les personnalités qui font le pont entre nos deux institutions sont si nombreuses que je me garderai de vouloir toutes les énumérer, au risque d’omissions. Faut-il encore rappeler, Monsieur le Président Fadda, que pour décerner le Prix de La Renaissance Française, attribué à un ouvrage ou des travaux illustrant la langue ou la culture française ou francophone, vous siégez ès-qualités, au jury de notre Académie qui depuis 2011 a la charge de l’attribuer.
  Que chacun donc soit ici salué dans notre maison, dans votre maison, où tous nous avons le même souci de promouvoir par nos actions et nos réflexions la culture, l’ouverture francophone, la reconnaissance du mérite, les échanges avec les autres peuples, tous ces objectifs qu’il y a cent ans déjà avait en vue le Président de la République, Raymond Poincaré, en créant La Renaissance Française.

  Merci à vous de tout cœur : notre admiration et notre coopération, vous le savez, vous sont acquises.

Discours du président Denis FADDA

CENTENAIRE DE LA RENAISSANCE FRANCAISE
HOMMAGE À RAYMOND POINCARE

DISCOURS DU PROFESSEUR DENIS FADDA
Président international de La Renaissance Française

  Raymond Poincaré naît à Bar-le-Duc, le 20 août 1860.
  La première des trois guerres ayant opposé la France et l’Allemagne éclate le 19 juillet 1870.
  Poincaré est élu Président de la République française le 18 février 1913 ; son mandat s’achève le 18 février 1920.

  Ces quelques dates et faits nous disent beaucoup sur Raymond Poincaré.

  Bar-le-Duc où il est né est le chef-lieu du département de la Meuse et tous ses ascendants sont lorrains. Vosgiens du côté paternel, Meusiens du côté maternel. Lui-même est profondément lorrain ; il restera toute sa vie très attaché à sa province ; il sera enterré à Nubécourt, berceau de sa famille maternelle, après sa mort à Paris le 15 octobre 1934. Sans doute aurait-il pu dire avec le Meusien Pierre Gaxotte : « Je ne vois pas pourquoi je cesserais d’être de mon village. Il a changé. Je l’ai quitté. J’ai vieilli mais je le porte toujours en moi et je serais bien sot de me dire d’ailleurs pour en tirer vanité ».
  Il va avoir dix ans lorsqu’éclate la guerre ; il est témoin de la défaite. La Lorraine est amputée, la frontière avec l’Allemagne est déplacée ; il voit arriver en grand nombre les réfugiés d’Alsace et de Moselle et il découvre leur détresse ; jusqu’en 1874 il connaît l’occupation prussienne et les humiliations qui l’accompagnent. Il en sera marqué à vie.

  Ceci va faire de lui un patriote, mais aussi un homme de paix. Président de la République de la Grande Guerre, il le démontrera.

  I – Un patriote
  Patriote et républicain convaincu, laïc mais pas pour autant anticlérical, il veut agir, faire valoir ses idées. Jeune et déjà brillant avocat, premier secrétaire de la conférence du stage, il saisit l’occasion de s’engager en politique dès qu’elle se présente.
  Il est élu conseiller général puis député l’année suivante, en 1887 ; il est alors le plus jeune parlementaire français. En 1903, il passe de la Chambre des députés au Sénat. Lorsqu’il décède à 74 ans, il a accompli 40 ans de vie parlementaire et 48 ans de vie politique ininterrompue. Aucun échec électoral.
  Il est à différentes reprises ministre de l’instruction publique, ministre des finances, ministre des Affaires étrangères, cinq fois Président du conseil en trois périodes distinctes, avant et après avoir été Président de la République.
  C’est une longévité politique au plus haut niveau tout à fait exceptionnelle. Il a été réélu au Sénat avant même l’expiration de son mandat de Président de la République et y a été réélu, pour la dernière fois, un an et demie avant sa disparition.
  À 49 ans, il a aussi été élu à l’Académie française ; l’année précédente, ses adversaires politiques ont favorisé l’élection de son cousin germain le mathématicien-physicien-philosophe Henri Poincaré, pensant qu’ainsi ils lui barreraient la route de l’Académie. Peine perdue, Henri Poincaré est en effet élu mais Raymond l’est aussi. Une intelligence brillante, une grande force de conviction : il s’impose toujours.
  Poincaré ne veut pas la guerre mais, lorsqu’il faudra la faire, il la fera vraiment.
  En 1913, des informations alarmantes commencent à lui parvenir, l’Allemagne se réarme.
  Il multiplie alors les voyages à l’étranger pour s’assurer de la fidélité des alliés de la France. Encore quinze jours avant le déclenchement du conflit – l’Allemagne déclare la guerre le 3 août 1914 – il est en Russie.
  La guerre éclate, il se dépense sans compter. Les ministères passent ; la France connaîtra dix gouvernements durant cette guerre. Bien qu’il ait proclamé « l’Union sacrée » le 4 août 1914, les jeux des partis ne cessent pas. Il est le seul « permanent » Il se sent un peu seul mais il ne se décourage nullement.
  Il doit redoubler d’énergie, il se rend souvent sur le Front, il convainc, il galvanise. Son rôle est déterminant. Celui de Clémenceau, à partir de 1917, sera certes considérable mais l’opinion publique et l’Histoire ont été injustes en attribuant à Clémenceau seul le surnom de « Père la Victoire ».

  S’il a été le Président de la République de la Guerre, Poincaré n’en a pas moins été habité par l’idée de construire la paix. Il fallait gagner la paix et reconquérir les cœurs dans les territoires libérés.

 II – Un homme de paix
  Dès la fin de 1914 et le début de 1915, un petit groupe se constitue autour de lui ; il est mené par le meusien Georges Lecourtier qui deviendra député puis sénateur. Ce groupe réfléchit déjà à la reconstruction dans les zones détruites et à l’édification d’une paix durable entre les peuples.

  Poincaré est un visionnaire. Pour lui, la victoire de la France ne fait aucun doute ; il croit en la victoire mais la victoire ne suffit pas ; ce qu’il veut, c’est bâtir la paix entre la France et l’Allemagne. Pour cela il faut vaincre sans humilier.

  En 1919, il s’opposera vivement à Clémenceau qui, lui, veut imposer à l’Allemagne des sanctions extrêmes, ce qui aura des conséquences terribles pour la France, l’Europe, le monde.

  De même, il veut agir avec prudence vis à vis des populations libérées. À la fin de la guerre, il y aura presque 50 ans que lesdites populations sont séparées de la France ; les Alsaciens et les Mosellans qui ont quitté leur terre ont été remplacés par des Allemands. L’Allemagne a mené une politique de germanisation à outrance et la majeure partie des habitants des territoires ne connaît plus la langue française : « pauvres gens ballotés par les siècles entre deux grandes nations voisines ! » s’écriera Poincaré.

  Il apprend que dans l’Alsace libérée, des camps de rétention ont été constitués pour y placer les personnes suspectes :
« Nous sommes rentrés dans un pays qui a désappris ce qu’il savait de notre langue. », dit-il … « Ne pouvons-nous pas être assez sages pour ne pas le juger sur des apparences ? ».
  L’outil qu’il lui faut pour reconquérir les cœurs et faire de nouveau rayonner la langue et la culture françaises, pour œuvrer à la paix, c’est La Renaissance Française ; elle portera, au début, le nom de « Renaissance Française de l’Alsace-Lorraine ».
  Dès 1913, Gustave Philippon, inspecteur général de l’instruction publique, a eu l’idée de La Renaissance Française ; il l’a proposée à Poincaré qui la fonde en 1915. Ses statuts sont déposés le 5 avril 1916 alors même que l’offensive allemande contre Verdun a été engagée le 21 février.
  Quelle persévérance ! Quelle détermination ! Au cœur même du conflit, Poincaré continue à vouloir construire la paix. Là est vraiment son génie propre. Et il place la jeune organisation sous le haut patronage du Président de la République. À l’expiration de son mandat, il en sera président d’honneur.
  La plupart de ceux qui portent avec lui La Renaissance Française sur les fonts baptismaux sont des Alsaciens et des Lorrains ; Lyautey, qui sera brièvement Ministre de la guerre en 1916-1917, est Lorrain, le Recteur Paul Appell est Alsacien, Georges Risler est de famille alsacienne.

  Établissement d’utilité publique, La Renaissance Française sera autorisée à accorder des distinctions ; elle sera aussi placée sous le haut patronage des ministres des Affaires étrangères, de la Guerre, de l’Intérieur et de l’instruction publique.
  Ces patronages indiquent bien l’esprit dans lequel notre institution s’est édifiée.
  Poincaré a confié deux missions à La Renaissance Française : apporter de nouveau la langue et la culture françaises aux régions libérées et contribuer à l’édification de la paix et à sa pérennisation en Europe et au-delà.

  Dès sa fondation, elle intervient avec succès en Alsace et en Lorraine ; le Président et Madame Poincaré sont parrain et marraine des enfants que l’institution prend en charge. Une fois la guerre terminée, La Renaissance Française tisse des liens en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie en Yougoslavie, au Liban, en Égypte.

  De nos jours, elle continue d’agir pour la paix par la diffusion de la culture et des valeurs francophones, la protection des patrimoines et de l’environnement, la mise en valeur des cultures régionales et locales, la promotion des métiers d’art, l’aide aux communautés francophones dispersées et aux minorités linguistiques. Ceci, dans un esprit de dialogue, d’échange et de partage avec les autres cultures. Les délégations de La Renaissance Français hors de France s’attachent à faire rencontrer la culture française et francophone avec celle du pays où elles opèrent et à faire mieux connaître la culture de ce pays.
  Interrogé sur « l’esprit français », Poincaré avait répondu : « Il y a un esprit français, comme il y a une langue française. Esprit, langage sont la représentation sociale, esthétique et morale d’un pays qui conserve, à travers les siècles, la conscience profonde de sa vie collective et de son unité nationale ».
  Ce qui valait pour la France vaut, aujourd’hui, pour l’ensemble du monde francophone.
  Homme de lettres, homme de grande culture, notre fondateur a placé une grande confiance dans La Renaissance Française ; je crois qu’en 101 années notre institution n’a jamais trahi cette confiance.