LA RENAISSANCE FRANÇAISE
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Christian PATTYN, ancien directeur du patrimoine

Christian Pattyn

ancien directeur du patrimoine au Ministère de la culture, a introduit sa communication en citant avec bonheur Fernand Braudel : « Le plus beau des patrimoines en France, ce sont ses paysages ; mais le plus important, c’est la langue française ! ».Tout en précisant combien cette hiérarchie est factice, il a concentré son propos sur les monuments historiques. La notion de protection du patrimoine est née au dix-neuvième siècle, le premier inspecteur étant Ludovic Vitté, auquel a succédé Prosper Mérimée. Il a rappelé que les guerres de religion ont été très destructrices mais que le pire a été commis pendant et surtout après la période révolutionnaire, les biens des émigrés ayant été l’objet de déprédations et dégradations diverses.

Les Monuments historiques se préoccupent « du présent du passé », a-t-il dit, tout monument étant le survivant d’une succession de restaurations. Pour appréhender la restauration avec justesse, il faut une approche très pragmatique, qui réunisse la totalité des experts, et pas seulement les architectes, les historiens de l’art et les administrateurs ; les artisans qui agissent sur le terrain doivent absolument contribuer aux décisions.

Interrogé par l’auditoire sur la question de la destruction des églises, Christian Pattyn a donné une réponse très précise : la France compte plus de 200 000 églises et une dizaine d’entre elles sont détruites chaque année. La plupart des maires entretiennent leurs églises, même si elles ne sont pas ou peu fréquentées, les Français y étant très attachés. Il a souligné que toutes les églises ne méritaient pas toutes, sur un plan strictement architectural, d’être protégées mais que, sur 50 000 monuments protégés, 30 000 étaient des églises.

Sa grande inquiétude pour l’avenir des monuments est liée à la politique de décentralisation .La protection du patrimoine s’inscrit en effet dans le temps long ; or, les élus locaux travaillent dans le temps court et veulent satisfaire leurs électeurs. Selon lui, les transferts de compétences mettent en grand danger notre patrimoine.