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"Promouvoir la culture, oeuvrer pour la paix, distinguer les mérites"

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LIBAN : la délégation de La Renaissance Française par Ibrahim TABET

« La Renaissance Française » une institution centenaire.

Un déjeuner-débat, placé sous le patronage de l’ambassadeur de France au Liban, M. Emmanuel Bonne, a réuni le 12 novembre les membres de l’association de l’Ordre National du Mérite (ONM) et de la délégation de la « Renaissance Française » au Liban.

Après les mots de bienvenue des présidents de ces deux associations locales (M. Rachid Jalkh et moi-même), le professeur Denis Fadda, président, international de La Renaissance Française, en visite au Liban à l’occasion du Salon du livre francophone de Beyrouth, a présenté l’histoire et la mission de cette institution centenaire.

C’est en 1915, au cours de la Première guerre mondiale, a-t- il rappelé, qu’elle a été fondée par le Président de la République française, Raymond Poincaré. Alors qu’en cette année terrible, la victoire de la France n’était nullement assurée, son fondateur lui avait assigné deux objectifs qui lui tenaient à cœur. D’une part, créer les conditions d’une renaissance de la culture et de la langue française en Alsace-Lorraine, dont la population avait été largement germanisée depuis son annexion par l’Empire allemand en 1870, dans la perspective de leur libération, (D’où son nom).

Et d’autre part œuvrer en faveur de la paix et du rapprochement des peuples, ce qui impliquait déjà dans son esprit une réconciliation franco-allemande dont il était conscient de l’importance pour l’Europe. Sous l’impulsion du Président Poincaré, ainsi que sous celle du maréchal Lyautey, la Renaissance française organise, d’emblée, de grandes manifestations publiques, des fêtes populaires, des conférences et des séances éducatives à l’intention de la jeunesse des provinces libérées.

Au fil des ans, les desseins apolitiques, culturels et de solidarité de la plus ancienne institution francophone se sont affirmés encore. La « Renaissance Française » a progressivement élargi son action aux autres régions françaises et au reste du monde, et elle compte aujourd’hui 20 « délégations » dans l’hexagone et 40 dans le monde.

Etablissement d’utilité publique, elle est placée sous le haut patronage du Président de la République et des ministres des Affaires Étrangères, de l’Intérieur et de l’Éducation nationale. Elle a pour objet de participer au rayonnement de la langue et de la culture française et des valeurs de la francophonie dans le monde ; d’encourager la création artistique et l’artisanat d’art, de veiller à la protection des patrimoines (y compris le patrimoine environnemental), de prendre part à la sauvegarde des langues minoritaires, de faire dialoguer les cultures et de contribuer, dans un esprit de partage, au rapprochement des hommes et des peuples. Comme l’a voulu son fondateur, elle a aussi pour mission de distinguer les mérites, notamment à travers l’institution de deux prix littéraires annuels, dont l’un est décerné à un auteur dont la langue maternelle n’est pas le français. Outre les nombreux événements qu’elle organise, elle est à l’origine de plusieurs initiatives en faveur de la francophonie. Ainsi, outre ses nombreuses fonctions académiques, dont celle de professeur à l’université Senghor d’Alexandrie dont il est administrateur, le président Fadda a fondé l’Université francophone de l’Italie du sud.

S’agissant de la mission de la délégation au Liban, elle est, selon les termes de la lettre me confiant la responsabilité de la constituer : « de mettre en évidence les liens si anciens entre la France et le Liban. De faire vivre la forte amitié franco-libanaise. Et, dans un esprit de dialogue, de contribuer à faire mieux connaître la culture française et celle du monde francophone en général. »

Après avoir souligné que l’enracinement de cette culture au Liban vient d’être démontré par le succès du Salon du livre francophone de Beyrouth, j’ai rappelé les mots du père Selim Abou, ancien recteur de l’Université Saint Joseph, pour qui : « les Libanais peuvent être trilingues, mais ce qui a contribué à forger leur identité nationale, c’est le français dans sa conjonction étroite avec l’arabe. Aux côtés de l’arabe, le français est vécu non seulement comme une langue de communication, mais comme une langue de formation et de culture à portée identitaire » Et ai ajouté que l’anglais, bien que devenu la langue internationale des affaires, n’a pour les Libanais francophones, qu’une fonction utilitaire. Parallèlement à son attachement à la langue française et à la culture francophone, notre délégation, ais-je aussi déclaré, entend défendre les valeurs de la francophonie en collaboration avec les institutions et les associations partageant le même objectif, dont l’ONM, la Fondation pour le dialogue des alphabets, l’Association pour la défense de la langue française et la Fondation Charles de Gaulle représentée par M. Christian Besse qui a annoncé, lors du déjeuner, le projet de création d’un Institut Charles de Gaulle au Liban dans le campus de l’ESA.

La veille le professeur Fadda a participé, au Salon du livre, à une table ronde sur le « vivre ensemble dans l’espace méditerranéen » où il a appelé à « agir ensemble » pour combler le clivage qui s’est creusé entre l’Europe et les riverains du Sud et de l’Est de la « mare nostum »

Ibrahim Tabet

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