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La France en Bulgarie - 12/07/2016

L’Ambassadeur de France en Bulgarie, Xavier Lapeyre de Cabanes quitte Sofia
Pendant son séjour en Bulgarie, il a facilité l’action de La Renaissance Française dans ce pays ; nous le remercions chaleureusement.


La France en Bulgarie
12/07/2016

Remise des insignes de l’Ordre de la « Stara Planina » à l’ambassadeur Xavier Lapeyre de Cabanes

Xavier Lapeyre de Cabanes, ambassadeur de France en Bulgarie, a été décoré lundi, 11 juillet 2016 par le président de la République Rossen Plevneliev de l’Ordre de la « Stara planina » 1er grade.

L’ambassadeur a été distingué pour ses mérites pour le développement et l’approfondissement de relations bilatérales entre la France et la Bulgarie.

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Discours de l’ambassadeur :

Monsieur le président,

Je pourrais prendre l’honneur que vous me faites en me remettant les insignes de la Stara Planina comme résultant simplement du temps que j’ai passé en Bulgarie pour y représenter mon pays, une décoration que j’aurais, en quelque sorte, reçu à l’ancienneté.
Mais cette décoration que vous venez de me remettre me touche sincèrement.
D’abord, parce que la Bulgarie n’est pas n’importe quel pays pour moi.

Vous le savez, votre pays est mon deuxième pays, celui où j’ai commencé ma carrière et où j’ai rencontré ma femme. C’est donc la reconnaissance de ce pays qui m’est si cher et que j’ai découvert il y a bientôt 25 ans, que je reçois aujourd’hui, en présence – et c’est encore plus important – de ma femme et de ma belle-mère.

Ensuite, parce que c’est vous, Monsieur le président, qui me la remettez.
Et vous le savez, mon pays est déterminé à ce que la construction européenne se poursuive au bénéfice des peuples européens et de notre indépendance à tous, malgré le choc provoqué par le Brexit, qui a été au centre de vos entretiens la semaine dernière à Paris, avec le président français.

Ce fut donc une chance pour moi, pendant ces trois années, que le président bulgare soit un authentique européen, ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps.
Toute votre action, tous vos discours sont la marque de votre attachement au projet politique européen.

Pendant la durée de votre mandat, vous nous avez montré qu’un dirigeant bulgare pouvait vouloir s’opposer à l’oligarchie : seul, avec des dizaines de milliers de Bulgares, vous vous êtes opposé à la nomination d’un oligarque pour diriger les services de sécurité intérieurs ; mon prédécesseur, par le soutien public qu’il vous avait apporté, en avait fait les frais, en se voyant refuser la décoration que vous me remettez aujourd’hui. Cette insulte à mon pays, vous l’avez réparée dès que vous avez pu et mon gouvernement vous en a été très reconnaissant.

Vous nous avez montré que, pour vous, la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice et des magistrats ne sont pas des slogans ou des armes politiques, mais des objectifs sincères. Or vous savez, monsieur le président, que l’absence de progrès dans ces domaines depuis près de 10 ans que la Bulgarie est membre de l’Union européenne, est un sujet d’inquiétude pour mon pays.

Monsieur le président, une mission diplomatique est un bref moment dans la vie d’un homme, plus encore dans la vie d’un pays et dans la vie d’une relation bilatérale.
Ces trois années ont été denses, avec des moments uniques, comme l’inauguration du nouvel immeuble de l’Institut français ou l’exposition thrace au Louvre, inaugurée par le premier ministre bulgare et qui fut un grand succès, la solidarité que vous avez manifestée, ainsi que des ministres et personnalités diverses et des citoyens bulgares au moment des attentats de Paris en janvier et novembre 2015. Dans l’action quotidienne, j’ai été heureux de travailler à convaincre les Français de venir investir en Bulgarie, de les aider à résoudre les difficultés qu’ils pouvaient avoir, de soutenir les lycées bulgares qui enseignent le français, en les visitant presque tous, ou de coopérer avec différents ministères pour la préparation de la présidence bulgare de l’Union européenne.

Je vous remercie personnellement pour l’aide que vous m’avez apportée, ainsi que les membres de votre cabinet. Je remercie aussi les ministres bulgares, les vice-ministres, anciens ministres, universitaires et membres d’ONG avec lesquels j’ai pu travailler et qui m’ont aidé à comprendre et à connaître votre pays. Je remercie tous mes collègues européens et d’autres régions du monde, et ceux de l’ambassade de France, pour leur soutien. Je remercie enfin ma femme, à qui revient une part de cette décoration, qui m’a été d’une aide précieuse, pas seulement en bulgare.

Mon mandat s’achève. Mais la Bulgarie reste en moi. Peut-être un jour la Bulgarie m’accordera-t-elle le droit de faire partie de ses citoyens. Pour l’instant, je continuerai toujours de m’y sentir chez moi, car j’y suis chez moi, puisque, selon l’adage bulgare : « d’où est ta femme, là est ton foyer ».

Je vous remercie.