Ces têtes couronnées, parfaites francophones Le gotha princier européen se distingue par le nombre de locuteurs du français et fervents admirateurs de la culture du pays des Lumières

, par  Pierre MABIRE
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La reine Elisabeth II d’Angleterre et son mari, le duc Philip d’Edimbourg.

PAR PIERRE MABIRE
Le duc Philip d’Edimbourg, récemment disparu dans sa centième année, partageait avec son épouse, la reine Elisabeth II d’Angleterre, une parfaite connaissance de la langue française.
Né le 10 juin 1921 à Corfou en Grèce, membre de la famille royale grecque, il était le fils du prince André de Grèce et de la princesse Alice de Grèce. Dernier enfant du couple, il avait quatre soeurs aînées. Il n’avait que 3 ans lorsque sa famille dut s’exiler à l’étranger, après l’abolition de la monarchie et la mise en place d’une éphémère République.

Ecolier dans l’ancienne maison de Jules Verne

En 1927, le couple princier décidait de s’installer à Saint-Cloud, aux portes de Paris, rue du Mont-Valérien, dans une résidence mise à sa disposition par le prince Georges de Grèce, l’un des frères d’André.

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Le futur prince Philip d’Edimbourg (2è à partir de la gauche) avec ses compagnons de jeux lorsque sa famille résidait à Saint-Cloud, près de Paris.

Le jeune Philip passera trois années en France, de 6 à 9 ans, qu’il considérera comme parmi « les plus heureuses de son existence ». Il conservera une affection et une tendresse profonde pour la France et pour le français acquis auprès de ses compagnons de jeu et de ses professeurs de l’école privée américaine sise rue Eugénie, installée dans l’ancienne maison du romancier Jules Verne.

Une tante arrière petite nièce de Napoléon 1er

Au nombre ses camarades d’école, figuraient ses cousins Jacques et Anne de Bourbon-Parme (1948-2016), qui épousa par la suite Michel Ier de Roumanie.
Le futur prince consort, durant ces années, eut l’occasion de s’intéresser à l’Histoire encore brûlante du siècle précédent durant lesquelles la France et l’Angleterre s’étaient affrontées militairement. Sa propre tante par alliance, Marie, épouse d’André de Grèce, était l’arrière petite nièce de Napoléon 1er.

Elisabeth II et 7.6 millions de Québécois

Son épouse Elisabeth II pratique le français à la perfection, heureusement teintée d’une succulente pointe d’accent « so british ». La souveraine se doit, effectivement, de connaître la langue de Molière.
Parmi ses sujets, elle doit compter 7,6 millions de locuteurs du français résidant au Québec, successeurs des colons français venus chercher aventure et fortune de l’autre côté de l’Atlantique à partir de 1534.

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En 1957, Elisabeth II d’Angleterre avait été reçue officiellement en France par le président de la République René Coty. Les deux chefs d’Etat s’étaient rendus à l’Opéra de Paris où un ballet avait été donné en l’honneur de la souveraine. En arrière-plan sur cette photo, on distingue le prince consort Philip d’Edimbourg.

En soixante-neuf ans de règne, Elisabeth II a été reçue officiellement cinq fois en France sous les présidences de la République de René Coty (1957), Georges Pompidou (1972), François Mitterrand (1984, dans le cadre du 40è anniversaire du Débarquement allié en Normandie), Jacques Chirac (2004), François Hollande (2014 – pour le 70è anniversaire du Débarquement en Normandie).

Charles prince de Galles

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Premier dans l’ordre de la succession d’Elisabeth II d’Angleterre, le prince Charles ne cache pas son intérêt pour la France dont il apprécie particulièrement la gastronomie et la langue qu’il pratique aussi bien que ses parents.

Felipe VI d’Espagne, de la lignée du Roi Soleil

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Les Windsor ne sont pas les seuls souverains à maîtriser le français.
Le 11 mars 2020, à la suite d’attentats terroristes, le roi d’Espagne Felipe VI s’était exprimé dans un français impeccable sur le parvis du Trocadéro à Paris où un hommage était rendu aux nombreuses victimes. Les racines du souverain espagnol sont françaises. Il est descendant direct en ligne agnatique du roi de France Louis XIV et de son petit-fils Philippe V, roi d’Espagne.

Maxima, reine des Pays-Bas

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La reine Maxima des Pays-Bas, polyglotte, converse régulièrement dans notre langue avec la reine Mathilde de Belgique, le prince héritier Frederik de Danemark ou la grande-duchesse Maria Teresa de Luxembourg lors des événements royaux européens. Ou encore lorsqu’elle plaide à l’ONU l’attribution de micro-crédits pour des entrepreneurs de pays en développement.

Margrethe de Danemark, parfaite francophile

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Plus francophile que la reine Margrethe de Danemark, cela existe-il vraiment ? Avec le danois, l’allemand, le suédois et l’anglais à son répertoire, elle maîtrise le français aussi bien qu’une ancienne élève de Khâgne. L’édition danoise lui doit la traduction de « Tous les hommes sont mortels » de Simone de Beauvoir.
Sur le plan personnel, c’est à Paris lorsqu’elle était étudiante, qu’elle fit la connaissance de son futur époux, Henry de Laborde de Montpezat. Ses enfants furent pensionnaires de l’Ecoles des Roches, à Verneuil-sur-Avre (Eure). Les vacances estivales familiales se déroulent habituellement au château de Cayx (Lot) où les souverains s’adonnent à une activité très française, la viticulture.

Sonja reine consort de Norvège

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Sonja de Norvège, épouse du roi Harald, a des liens indestructibles avec la France. Issue d’une famille de commerçants roturiers, rien de la destinait à entrer dans le gotha princier. Arriva ce jour où, telle Cendrillon, elle rencontra le fils du roi Olav V, et où les deux jeunes gens atteints par les flèches de Cupidon tombèrent éperdument amoureux l’un de l’autre..
Après bien des complications, la belle histoire d’amour trouva un dénouement heureux, avec mariage à la clef et la naissance de beaux enfants. Dans les souvenirs impérissables de Sonja demeurent les années où elle fut jeune fille au pair dans une famille du Sud-ouest de la France, s’employant aux tâches domestiques chez ses hôtes, à l’éducation et à la garde des enfants et à l’usage du français populaire.

Victoria de Suède, la Maison Bernadotte

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L’Histoire de France et l’Histoire de Suède sont reliées par Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal d’empire de Napoléon 1er, devenu roi de Suède en février 1818 à la mort du souverain Charles VIII.
L’ambitieux militaire français qui, paradoxalement, ne portait pas Napoléon en grande estime, fondait ainsi une dynastie toujours régnante en ligne directe.
L’actuel souverain suédois, Carl XVI Gustav connaît bien la France où il réside dans sa propriété estivale durant ses vacances. Il reconnait cependant que sa pratique du français reste très imparfaite.
En revanche, sa fille aînée, Victoria, princesse qui lui succèdera sur le trône, parle couramment français, comme elle parle également l’allemand, l’anglais, l’espagnol, en plus de sa langue maternelle.
La future reine a fait des études à l’Université catholique d’Angers, au Centre international d’études françaises. Durant cette période, à l’instar de nombreux étudiants, elle logeait chez l’habitant afin d’acquérir en immersion les subtilités de la langue du pays des Lumières.