La cathédrale Notre-Dame d’Amiens symbole de la francophonie

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Première grande ville à l’arrière du front Ouest de la Grande Guerre, Amiens, fut la base de repos et de repli des troupes engagées dans le conflit – principalement celles des armées alliées qui tenaient les défenses en Picardie. Ces troupes payèrent un très lourd tribut en vies humaines, notamment lors des Batailles de la Somme de 1916, et en 1918 durant l’offensive allemande et de la contre-offensive des Alliés conduite sous le commandement du général Foch.

C’est aux portes d’Amiens, dans le secteur de Corbie-Villers-Bretonneux, à l’été 1918, que furent ouvertes les premières brèches dans le front allemand, par les troupes Australiennes et Canadiennes, notamment, en osmose avec les forces anglo-américaines et françaises réparties en divers secteurs du territoire picard.

Un exemplaire de carte postale qui circula dans le monde entier durant la Grande Guerre.
Un exemplaire de carte postale qui circula dans le monde entier durant la Grande Guerre.

Tout au long de cette guerre, la cathédrale Notre-Dame d’Amiens fut le point de ralliement de ces soldats venus du bout du monde pour sauver notre pays d’une menace d’asservissement et de mise sous tutelle par les puissances de l’Axe.

Néo-zélandais, Indiens, Chinois, et tous ces jeunes garçons issus de tous les continents, quelles que soient leurs croyances, leur religion, leur philosophie, leur culture, venait y chercher un temps de paix intérieure et de recueillement.

Afin de partager un moment de cette vie avec leurs familles lointaines, ils accompagnaient leurs lettres de photos ou de cartes postales expédiées depuis Amiens. C’est ainsi que la cathédrale d’Amiens, avec son Beau Dieu et son Ange Pleureur ; circula dans le monde entier sur format cartonné, à des millions d’exemplaires.

L’un des piliers du transept de Notre-Dame d’Amiens porte toujours la marque des Alliés. L’édifice est resté symbole d’une francophonie qui s’imposa par la seule force des événements tragiques. Il n’y avait pas de victoire sur le front de Picardie sans une célébration, un Requiem ou un Te Deum à la cathédrale d’Amiens.

Cette ville devenue cosmopolite durant la Grande Guerre, fut également un immense hôpital urbain. Tous les lieux publics disponibles, y compris des écoles, des lycées, des séminaires catholiques, des monastères, des granges, furent réquisitionnés pour recevoir les blessés arrivant du front. Du port fluvial d’Amont partaient des chalands équipés de blocs opératoires, pour opérer au plus près des tranchées et des lieux de combat. Les gares d’Amiens étaient encerclées de dispensaires de la Croix Rouge où les hommes étaient examinés pour être soignés et orientés vers les hôpitaux de campagne installés en ville ou dans les communes proches de la Somme.

Le dispensaire de la Croix Rouge, proche de la gare du Nord d'Amiens, par lequel transitèrent de nombreux soldats alliés avant leur hospitalisation.
Le dispensaire de la Croix Rouge, proche de la gare du Nord d’Amiens, par lequel transitèrent de nombreux soldats alliés avant leur hospitalisation.

Parce qu’elle fut un havre d’une paix de l’esprit de tous ces soldats des armées alliées, la cathédrale Notre-Dame d’Amiens est un symbole fort de la francophonie que le Président de la République Raymond Poincaré, fondateur de La Renaissance Française, tenait tant à placer au sommet d’une victoire à venir.

Maurice Duvanel, président de la délégation de la Somme

Pierre Mabire, président de la délégation de l’Oise.