Le président fondateur

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De parents lorrains, Raymond Poincaré est né à Bar-le-Duc le 20 août 1860, dans une famille très talentueuse : l’un de ses ancêtres a été député sous Louis-Philippe, son oncle a été doyen de la Faculté de médecine de Nancy, et son père, polytechnicien, était ingénieur des Ponts et Chaussées.

Ses études secondaires le conduisent de Bar-le-Duc au fameux lycée Louis-le-Grand à Paris où il retrouve son cousin Henri Poincaré l’illustre mathématicien, qui après ses études à Nancy, était entré à Polytechnique puis à l’Ecole des mines. Après avoir hésité entre une carrière semblable à celle de son père, Raymond Poincaré finit par s’orienter vers la Faculté de droit de Paris ; il prête serment d’avocat en 1880. Dès lors, il se cherche entre son nouveau métier, l’écriture de romans et la critique littéraire. Mais sa réussite à la Conférence des avocats le conduit à la fonction de secrétaire puis de premier secrétaire de la Conférence et le fait connaître et apprécier. Ses penchants pour l’indépendance et le libéralisme, tel qu’on l’entend à cette époque, s’affirment, en même temps qu’il prend ses distances avec la religion ; il se rallie aux théories d’Auguste Comte. Son patriotisme est celui des Lorrains ; un patriotisme de l’instinct. Son goût pour la politique se dessine. Un poste de conseiller général se libère dans la Meuse en 1886 ; à 26 ans il se présente au nom de l’Union des gauches et l’emporte. Sa carrière est lancée.

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Elu député de la Meuse en 1887 (puis sénateur en 1903), il se spécialise dans les questions financières, et devient rapporteur de la Commission des finances au moment de l’affaire de Panama. À 32 ans, il est appelé au gouvernement pour occuper les fonctions de ministre de l’Instruction publique en 1892, et l’année suivante celles de ministre des Finances. Parallèlement, en 1909, il est élu à l’Académie Française ; son élection succède à celle de son cousin germain, Henri, le mathématicien. Il s’est dit à l’époque que les plus conservateurs des académiciens, hostiles à Raymond Poincaré, avaient cru l’empêcher d’accéder à leur institution en élisant Henri Poincaré, pensant que deux membres de la même famille ne pourraient être successivement élus. Ce calcul se révéla erroné. Reçu le 9 décembre 1909 par l’historien Ernest Lavisse, il recevra à son tour sous la Coupole le Maréchal Foch en 1920. C’est donc sous l’habit vert que le Président de la République reçut le grand vainqueur de 1918, lui-même dans son uniforme de généralissime des armées alliées.

Pour la Gauche, Raymond Poincaré était un vrai républicain, à cause de son attachement aux institutions et à la laïcité. Aux yeux de la droite, il était un véritable patriote. Ce consensus fit qu’Armand Fallières, le Président de la République, l’appela à la fonction de Président du Conseil en 1912. Un an plus tard, il devenait le 10e président de la République Française. C’est donc ce président, lorrain d’origine, qui eut la responsabilité suprême de la France lors de la survenue de la première guerre mondiale. Il incarna l’unité de la nation en faisant appel en août 1914 à « l’union sacrée ». Son mandat dura toute la durée de la guerre, dont il affronta toutes les épreuves. Il eut le réalisme d’appeler comme son dernier président du Conseil, Georges Clémenceau , « le Tigre », son vieil adversaire politique, avec lequel il partagea finalement, en 1918, la victoire.

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C’est pendant sa magistrature, en 1915, qu’il fonda La Renaissance Française, l’officialisant en 1916. Il avait en effet deviné combien pouvait être difficile la réintégration dans la communauté nationale des populations lorraines et alsaciennes des territoires occupés depuis 1871 par l’Allemagne donc depuis presque 50 ans. Les personnes les plus âgées gardaient une nostalgie de la France, mais les plus jeunes avaient été élevées dans la langue allemande et beaucoup avaient été enrôlées contre la France dans le dernier conflit. Il s’agissait de faciliter leur retour dans la mère patrie, qu’ils avaient pu oublier. La Renaissance Française devait être un outil précieux de ce retour.

Le septennat du Président Poincaré se termine en 1920. Il continue ensuite une activité politique intense redevenant à deux reprises président du Conseil ; il contribue en particulier à restaurer la confiance dans le Franc, devenu le « Franc Poincaré ».

Fin 1929, il se retire définitivement de la vie publique et décède le 15 octobre 1934. Il a été inhumé dans son département natal, la Meuse, dans le petit village de Nubécourt. Il nous aura laissé un legs précieux : la Renaissance Française.

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