LRF au Japon a tenu une conférence sur “La guerre d’Algérie vue de France”
Coopération : Société franco-japonaise d’économie ; Paris Club ; Société franco-japonaise de science politique ; Institut de recherche en droit de l’Université Senshu
Date : Le 1er juillet 2026, de 18h00 pendant environ deux heures
Lieu : Tokyo Women’s Plaza, salle audiovisuelle AB
Participants : 42 personnes
Présidence : Sumihiko Seto, président de la RFJ
Coordination générale : Michiko Kobayashi, vice-présidente
I. Introduction
En ouverture, le président a présenté brièvement la mission et les activités de La Renaissance Française.
II. Biographie du professeur Tomoya Kuroda
Diplômé de l’Université de Kyoto (Faculté des études intégrées en sciences humaines). Titulaire d’un master de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’un doctorat en droit de l’Université Keio. Ancien professeur à l’Université Teikyo, il est actuellement professeur à l’Université Senshu. Spécialiste des relations internationales, de l’histoire de l’intégration européenne et de l’histoire diplomatique française. Auteur de nombreux ouvrages.
III. Résumé de la conférence
« La guerre d’Algérie vue de France »
Rédaction : Tomoko Ito Durée de la conférence : environ 1 heure
Thème et motivation
À partir de son domaine de spécialité — l’histoire de l’intégration européenne — le professeur Kuroda s’est intéressé aux projets de l’Euro-Afrique » dans les années 1950, ainsi qu’aux efforts de la France pour se « reconstruire » après les traumatismes de la défaite. Ces recherches l’ont conduit à étudier la guerre d’Algérie.
Une fin obtenue par la diplomatie
La guerre d’Algérie, longue de huit années et marquée par une violence extrême, n’a pas été conclue par la force militaire mais par la négociation diplomatique : les accords d’Évian de 1962.
Le rôle du général de Gaulle
Charles de Gaulle, devenu président de la République, fonda la Ve République et mena, dans un contexte intérieur extrêmement difficile, conduit à la fois l’indépendance de l’Algérie et la reconstruction de la France.
La France contemporaine et la question mémorielle
Le président Emmanuel Macron a confié un rapport à l’historien Benjamin Stora et mène une politique active de « réconciliation mémorielle », incluant la reconnaissance des violences du passé. Le professeur a également évoqué la réflexion proustienne sur la mémoire.
La position internationale de la France
La France est définie comme une « puissance moyenne » : non une superpuissance, mais un acteur doté d’une influence réelle. Une comparaison a été faite avec le Japon et le Canada, ainsi qu’une analyse du rôle diplomatique du Japon dans le triangle États-Unis–Europe–Japon.
Reconnaissance officielle du terme « guerre »
Sous la présidence de Jacques Chirac, en 1999, les événements jusque-là qualifiés d’ opérations de maintien de l’ordre ou de « troubles » ont été officiellement reconnus comme « la guerre d’Algérie ».
IV. Questions et échanges
Échanges et questions (environ 40 minutes)
État actuel des relations franco-algériennes
Malgré les efforts de Macron pour améliorer la compréhension historique, les relations diplomatiques restent très tendues, marquées par des expulsions et des confrontations diplomatiques. Toutefois, au niveau sociétal, les vols LCC sont nombreux et les échanges humains très fréquents, créant une situation paradoxale.
Influence du sport et de la culture
La mise en scène du « vivre ensemble » lors de la Coupe du monde 1998 n’a pas nécessairement conduit à une intégration sociale durable. Les limites du sport comme outil de cohésion ont été discutées.
Comparaison historique franco-japonaise
Une comparaison a été établie entre le traité de normalisation nippo-coréen de 1965 et les accords d’Évian, soulignant les difficultés communes liées aux réparations, aux excuses et aux modalités de règlement historique.
Le cas particulier de l’Algérie dans le Maghreb
Contrairement au Maroc et à la Tunisie, l’Algérie a suivi une trajectoire historique singulière. Il a été noté que la production historiographique et médiatique sur l’Algérie en France a longtemps été dominée par une perspective « home grown ».
Les dilemmes des intellectuels
Les positions opposées de Sartre (dénonciation de la torture) et de Camus (silence et tourment personnel) ont été rappelées comme un débat intellectuel emblématique de la guerre d’Algérie.
Relations avec d’autres pays
La politique étrangère autonome de l’Allemagne de l’Ouest sous Willy Brandt, ainsi que l’existence de manuels d’histoire franco-allemands — qui n’ont pas d’équivalent avec l’Algérie — ont été évoquées.
De nombreuses questions ont été posées, témoignant de l’intérêt élevé des participants.
V. Conclusion
Après la conférence, une réception a été organisée autour du conférencier.
Edité par Sumihiko Seto, président de La Délégation de La RF au Japon