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Sarre : Conférence – Les longues ombres de la guerre d’Algérie

par La Renaissance Française

Conférence :
Les longues ombres de la guerre d’Algérie – Introduction et aperçu général, avec une attention particulière portée au département de la Moselle et à la Sarre

Les Archives municipales de Sarrebruck, sous la direction du Dr Hans-Christian Herrmann, et la Délégation de Sarre, représentée par son président Christof Vièl, ont organisé le jeudi 29 octobre 2026 à 18 h 15 une conférence sur la guerre d’Algérie (1954-1962) et ses répercussions dans le département de la Moselle et en Sarre. L’intervenant de la soirée était le Dr Lucas Hardt, qui a soutenu sa thèse sur ce sujet en 2016 à l’université de Trèves dans le cadre d’une cotutelle de thèse avec les universités de Rouen et de Paris 1, et dont l’étude historique sur ce thème, intitulée Zwischen Räumen und Fronten. Algerische Migranten im lothringischen Grenzgebiet (1945–1962) (Traduction : Entre espaces et fronts. Migrants algériens dans la région frontalière lorraine (1945–1962) est désormais disponible en librairie. [1]


Dans son étude sur les répercussions de la guerre d’Algérie dans notre région, le Dr Hardt a analysé les conditions de vie et de travail des ouvriers algériens qui, en Lorraine (dans les départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle) et en Sarre, étaient employés dans les mines et l’industrie lourde pendant l’après-guerre (à partir de 1945) et jusqu’à la guerre d’Algérie et sa fin en 1962. Les aspirations à l’indépendance en Algérie et la guerre d’Algérie elle-même ont eu des répercussions directes sur le quotidien de ces travailleurs migrants. Ainsi, les organisations clandestines algériennes rivales de l’époque, le MNA et le FLN, ont harcelé et politisé les travailleurs migrants algériens, de part et d’autre de la frontière, ce qui a à son tour mobilisé les forces de police lorraines et sarroises. Il en a résulté des mesures de surveillance, de contrôle et de répression dont les travailleurs migrants eurent à supporter les conséquences. En s’appuyant sur des incidents de débordements et de violences consignés dans les dossiers de police, tant à Metz qu’à Sarrebruck, l’intervenant a brossé un tableau saisissant du climat politiquement tendu de l’époque. Celui-ci concernait aussi bien la communauté migrante algérienne que les relations entre Français et Algériens du côté français de la zone frontalière.

Pour nous, auditeurs sarrois, il était extrêmement intéressant de découvrir ce pan de l’histoire française. La population sarroise garde encore aujourd’hui en mémoire l’existence de ces travailleurs immigrés, mais la plupart d’entre nous ignoraient jusqu’à présent à quel point la vie quotidienne de ces personnes était alors marquée par une forte dimension politique. Parmi le public se trouvait également une délégation de l’association Collectif Juillet 1961 de Metz, qui se penche sur les événements tragiques qui s’y sont déroulés les 23 et 24 juillet 1961 (La nuit des paras). Par son travail de mémoire, cette initiative s’engage à ce que cette partie de l’histoire française ne tombe pas dans l’oubli, dans le but de contribuer ainsi à la réconciliation.

[1] Lucas Hardt: Zwischen Räumen und Fronten. Algerische Migranten im lothringischen Grenzgebiet (1945–1962). Pariser Historische Studien, Band 114, Verlag De Gruyter, Oldenbourg, 2020.

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