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Pyrénées-Atlantiques : belle cérémonie de remise de distinction à la mairie d’Anglet

par La Renaissance Française

La Lettre de Baskulture 20 février 2026

Fabio Lopez, chorégraphe-fondateur du Ballet Illicite, honoré 

Alexandre de La Cerda / photos ©Stéphane Bellocq

C’est dans la Salle des Fêtes de la belle mairie Art-déco d’Anglet que le délégué local de La Renaissance Française avait décerné mercredi dernier sa médaille d’or du « Rayonnement Culturel » au jeune et talentueux danseur-chorégraphe Fabio Lopez, sous la présidence du maire, Claude Olive, et des adjoints bayonnais et biarrot, ainsi qu’en présence d’une délégation diplomatique nourrie : le récipiendaire étant originaire de Lisbonne, le consul général du Portugal, Miguel Brito e Abreu, était venu de Bordeaux, accompagné de la déléguée culturelle Isabel Barradas, auxquels s’étaient joints Dña Anunciada Fernández de Córdova y Alonso-Viguera, consul général d’Espagne à Bayonne, récemment nommée (voir notre article dans la « Lettre » du 13 février) ainsi qu’Alexandre de La Cerda, académicien de la « Diplomacia del Reino de España » et consul (h) de Russie à Biarritz… 

Anunciada Fernández de Córdova, Fabio Lopez, Miguel Brito e Abreu, Isabel Barradas  et A. de La Cerda

Or, précisément, lorsqu’il relate son entrée – à onze ans, pour ne plus le quitter – dans ce petit studio de danse situé dans l’ancien palais du Marquis de Pombal pour s’adonner à cet art qui le captivera à tout jamais, l’apprentissage du jeune Fabio – selon la méthode des théâtres impériaux russes – de ces pas qui remontent à l’époque de Louis XIV imposait un engagement total ; et rien ne pouvait être plus idyllique que d’entendre dès l’aube le pianiste appelé “maestro”, comme l’appelait leur maître à danser, les accompagner quotidiennement sur des airs de Bach, Rachmaninov ou Glazounov, alors que « son corps se métamorphosait lentement avec la fierté de ne jamais abandonner son but, son envol ».

Et Fabio Lopez d’ajouter : « Un jour, “La Belle au bois dormant” et Tchaïkovsky sont apparus au Teatro de Sao Carlos, à une certaine époque reconnu pour son très exigeant parterre. Resté profondément impressionné par cette inoubliable grande ouverture, si éclatante, qui deviendra plus tard un leitmotiv féerique capable d’apaiser un enragé minotaure, ma mémoire n’oubliera probablement jamais la sonorité de ce violon d’où a jailli un amour si divin lors de la vision de la Belle endormie au deuxième acte.
L’amour pour la Russie était né. Cette soirée mémorable me fera quêter sur les origines de mon héritage académique, mais surtout me fera connaître ma future idole, celui que je ne rencontrerai jamais, le tsar de la danse Rudolf Noureev ».
Sans oublier Marius Petipa que Fabio rappela dans son discours de remerciement, « ce Français devenu l’architecte du ballet classique en Russie, dont l’œuvre magistrale a façonné l’esthétique académique que nous transmettons encore aujourd’hui. Son héritage nous rappelle que l’art dépasse les frontières, qu’il unit les peuples au-delà des époques et des tensions, et que la danse demeure un langage universel, porté par l’excellence et la mémoire vivante des traditions ».

Une belle trajectoire artistique
Diplômé en 2004 du Conservatoire National du Portugal, Fabio Lopez obtint cette même année une bourse d’études pour la Juilliard School New York City avant de compléter sa formation en Suisse avec Maurice Béjart puis, en 2006, rejoindre le Ballet Biarritz où il dansera pendant presque une décennie. 

Lancé dans la chorégraphie, il créa en 2015 la « Compagnie Illicite Bayonne », non sans collaborer avec quelques grands compositeurs français contemporains comme Thierry Escaich (2016), Bruno Mantovani (2019) et Philippe Hersant (2020).

Et Fabio Lopez de rappeler les cinq grandes missions qu’il s’est fixé avec sa compagnie : 

– Créer, d’abord un répertoire original et exigeant où le ballet contemporain dialogue avec la musique, la littérature, la philosophie, la nature humaine.

Chaque création est une aventure née ici, sur cette terre basco-gasconne, destinée à voyager bien au-delà.

– Diffuser ensuite ses spectacles sur les scènes de France, en développant une dynamique transfrontalière avec l’Espagne, dans les théâtres d’Europe et parfois plus loin encore. Théâtres, festivals, lieux inattendus : partout où la danse peut rencontrer le public.

– Transmettre, par des ateliers, des master classes, des projets pédagogiques auprès des jeunes, des écoles, des associations, des publics empêchés. Car la danse est aussi un outil d’éducation, d’inclusion et de fraternité.

– Collaborer et inviter en s’ouvrant à d’autres chorégraphes « venus enrichir notre langage par leurs univers singuliers. Leur présence nourrit la diversité et la vitalité de notre quotidien ».

– Enfin, rayonner sur le territoire en tissant un lien vivant et passionné avec les habitants, les institutions, les structures culturelles locales. « Le Ballet Illicite est né ici, et c’est ici qu’il puise sa force : dans la fierté, la générosité et l’énergie du Pays Basque ».

À ce propos, l’adjoint à la culture bayonnais, Yves Ugalde, insista sur le grand mérite de Fabio Lopez, lorsqu’il avait réussi, il y a six ans, à mettre d’accord les trois villes – souvent rivales – de Bayonne, Anglet et Biarritz autour d’un même projet artistique et pédagogique.
Et pour cette cérémonie de « La Renaissance française », c’est le solo « Kaddish » sur la musique tirée des « Mélodies Hébraïques » de Ravel qui a été dansé par Manon Pedeboscq.

Manon Pedeboscq (Ballet Illicite) interprétant devant l’assistance le solo Kaddish sur la musique de Ravel

L’occasion pour Fabio Lopez de remercier chaleureusement ses “danseurs, collaborateurs, ses compagnons d’aventure qui incarnent cette foi, cette exigence, cette passion, sans lesquels rien n’eut été possible”, et à qui il a dédié une grande part de cette reconnaissance. 

Comment ne pas citer ce merveilleux compliment du jeune chorégraphe aux talents poétiques :  

Monter sur les pointes,
c’est se hausser vers l’invisible.

C’est refuser la simple condition du pas
pour tenter l’ascension.

Le pied quitte la terre sans l’abandonner tout à fait ;
il s’y appuie comme on s’appuie à la foi :
avec tremblement, mais avec ferveur. 

Le corps s’allonge,
devient flèche,
devient prière. 

Chaque muscle se tend comme une corde prête à chanter.
Il y a dans ce geste quelque chose d’héroïque :
un défi lancé à la gravité,
un serment silencieux fait au ciel. 

On ne voit qu’une silhouette dressée,
fine, presque fragile –
et pourtant c’est une victoire. 

Car monter sur les pointes,
c’est accepter le vertige
et choisir malgré tout l’élévation. 

C’est tenir,
dans l’équilibre incertain,
un instant de lumière. 

Fabio Lopez

Et alors que dehors, la violente bourrasque océanique inondait les abords de la mairie et faisait plier les arbres, le jeune danseur-chorégraphe terminait ses remerciements par cette citation du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas :

« La vie, c’est une tempête, mon jeune ami.
Vous vous prélasserez au soleil un instant,
et l’instant d’après, vous serez brisé sur les rochers.
Ce qui fait de vous un homme,
c’est ce que vous faites quand cette tempête arrive ».

Une institution au service de la langue française, du savoir, de la culture et de la paix

C’est en 1913 que Gustave Philippon, inspecteur général de l’instruction publique, imaginait La Renaissance Française et proposait cette idée audacieuse au Président Raymond Poincaré qui acceptait d’accorder son patronage à la jeune organisation qui bénéficiera par la suite de celui des ministres des Affaires étrangères, de la Guerre, de l’Intérieur et de l’Instruction publique.

Érigée en établissement d’utilité publique le 14 décembre 1924, La Renaissance Française sera autorisée à accorder des distinctions.

Dès l’origine, Poincaré qui en deviendra le président d’honneur avait confié deux missions à La Renaissance Française :

1 – apporter de nouveau la langue et la culture françaises aux régions libérées (après la guerre de 14)

2 – contribuer à l’édification de la paix et à sa pérennisation en Europe et au-delà par le truchement de la langue française, du savoir et de la culture.

De nos jours, elle continue d’agir pour la paix par la diffusion du savoir et de la culture et des valeurs francophones, la protection des patrimoines et de l’environnement, la mise en valeur des cultures régionales et locales, la promotion des métiers d’art, l’aide aux communautés francophones dispersées et aux minorités linguistiques et ceci, dans un esprit de dialogue, d’échange et de partage avec toutes les autres cultures. Les délégations de La Renaissance Française hors de France s’attachent à favoriser la rencontre entre les cultures française et francophone et celles des pays où elles opèrent ainsi qu’à encourager leur dialogue et leur connaissance mutuelle.


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Fabio Lopez, chorégraphe-fondateur du Ballet Illicite, honoré 
Alexandre de La Cerda / photos ©Stéphane Bellocq

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