"Les fables du moineau" couronné par l’Académie des Sciences d’outre-mer Le recueil de contes africains, de Sami Tchak, écrivain togolais, paru chez Gallimard, obtient le prix "La Renaissance Française" décerné chaque année par l’Académie.

, par  La Renaissance Française
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Fruit d’une convention conclue entre La Renaissance Française et l’Académie des sciences d’outre-mer, chaque année, depuis 2011, un prix "La Renaissance Française" est attribué par l’Académie.

Le prix est décerné à un ouvrage ou à des travaux mettant en valeur la langue, la littérature française ou la culture francophone en France ou à l’étranger.

Le prix 2020 a été attribué au togolais Sami Tchak pour son ouvrage Les Fables du Moineau, un recueil de contes paru aux éditions Gallimard.

Les fables du moineau
Postface d’Ananda Devi

Collection Continents Noirs, Gallimard
Parution : 03-01-2020

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« Le volcan un instant tranquillisé s’est de nouveau réveillé. Les œufs, autour de nous, se sont craquelés. Il en sortait des moineaux et des poules, des vipères et des tortues, des chauves-souris et des agoutis, des solitaires et des anguilles. Ces dernières se sont faufilées vers nous, s’entortillant autour de nous comme si nous étions leurs parents. La vie comme un œuf, as-tu dit...
J’ai été écartelée. Au-dessus de moi, un bec attendait de percer mon cœur. Mais au moment où il s’abaissait, tu t’es jeté sur moi. Le bec du moineau a traversé ton cœur et le mien... Chien noir, ange noir, baobab ou moineau, bébé balafré à la mèche d’albinos, ou bien autre chose encore. Regard noir dans le ventre du monde. »

Extraits de la postface d’Ananda Devi. Un lumineux détour d’admiration et d’amour baigné d’une extrême tendresse pour dire l’auteur et son moineau, au fil, au cœur cruels de cette fable africaine et universelle.

Sami Tchak, grand prix littéraire d’Afrique noire 2004
Après une licence de philosophie obtenue à l’université de Lomé, capitale de son pays, en 1983, il enseigne dans un lycée pendant trois ans. Il arrive en France en 1986 pour des études en sociologie. Il obtient son doctorat à la Sorbonne (Paris V) en cette matière en 1993.

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Dans le cadre de ses activités de sociologue, il se rend à Cuba en 1996 pour sept mois de recherches sur la prostitution à Cuba. Il écrira La Prostitution à Cuba, préfacé par l’écrivain cubain Eduardo Manet.
Participant au festival littéraire de Mantoue (Italie) en 2008, Sami Tchak avait déclaré lui-même que la découverte de Cuba et du Mexique à la fin des années 1990, puis de la Colombie plus tard dans les années 2000, ont influencé ses choix littéraires. Ces pays, mais aussi et surtout les grands écrivains de toute l’Amérique latine, avait-il aussi affirmé, lui ont ouvert de nouveaux horizons.
En effet, entre 2003 et 2008, il a publié quatre romans, Hermina, 2003, La fête des masques, 2004 (éditions Gallimard), Le paradis des chiots, 2006, et Filles de Mexico, 2008 (Mercure de France), qui évoquent Cuba, le Mexique et la Colombie.
Mais, depuis 2011, l’auteur s’est tourné vers son continent d’origine, l’Afrique, avec ses romans Al Capone le Malien (dont les intrigues se déroulent au Cameroun, en Guinée et au Mali) et L’Ethnologue et le sage (qui se passe dans un petit village du Togo), puis, à partir de 2014, a publié des textes plus personnels (La couleur de l’écrivain, Ainsi parlait mon père, Les fables du moineau...)
En 2004, il a obtenu le grand prix littéraire d’Afrique noire pour son roman La fête des masques.