Culture ─ Solidarité ─ Francophonie



"Promouvoir la culture, oeuvrer pour la paix, distinguer les mérites"

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PARIS : Cérémonie du 4 avril 2019 de remise de distinction à Mr Yvon Gattaz et à la violoniste Dora Bratschkowa

Paris le 4 avril 2019 : Jeudis parisiens de La Renaissance Française

Cérémonie de remise de distinctions à Monsieur Yvon Gattaz et à la violoniste Dora Bratschkowa

Dans le cadre des Jeudis parisiens de La Renaissance Française, le 4 avril 2019, au siège de la Fédération Maginot, institution proche de la nôtre présidée par l’Amiral Lacaille, se sont retrouvés membres et amis de La Renaissance Française pour une cérémonie qui mettait à l’honneur Monsieur Yvon Gattaz, ancien Président du Patronat français, membre de l’Académie des Sciences morales et politiques et Madame Dora Bratschkowa, grande violoniste bulgare venue d’Allemagne.

La cérémonie a été ouverte par Madame Aytèn Inan, Présidente de la Délégation de La Renaissance Française du Grand Paris. Après les discours du Président international, le Professeur Denis Fadda pour Mr Y.GATTAZ puis pour Mme Bratschkowa et de Monsieur Axel Maugey , membre du conseil d’administration de notre institution.

Monsieur Yvon Gattaz, ancien président du CNPF/MEDEF, entrepreneur, économiste, auteur d’une douzaine d’ouvrages, a reçu la Médaille d’or de La Renaissance Française pour l’œuvre remarquable qu’il a accomplie et continue d’accomplir au service de l’entreprise et des jeunes, et à travers son combat sans trêve pour l’emploi.

Dans la conférence qu’il a donnée ensuite Monsieur Yvon Gattaz a développé les idées originales avancées dans son dernier ouvrage Économiquement vôtre, en donnant une leçon magistrale sur l’état de l’emploi et de l’économie dans la France d’aujourd’hui, manifestant sa liberté intellectuelle et son engagement absolu pour une France dynamique et ouverte sur l’avenir.

Après cette conférence, la violoniste Dora Bratschkowa a offert une interprétation de La Chaconne de J.S.Bach, œuvre d’une extrême exigence, soulevant l’enthousiasme et l’admiration du public. La violoniste a alors reçu, des mains du Président international qui, auparavant, avait fait état de ses mérites artistiques et humains (voir texte) la Médaille d’or du Rayonnement culturel. Madame Bratschkowa a alors évoqué en des termes qui ont ému l’auditoire, son amour de la musique, art de l’harmonie et de la concorde.

Avant que ne s’achève cette cérémonie, l’Amiral Lacaille a brossé un historique de l’Institution dans laquelle nous nous trouvions, la Fédération Maginot, créée en 1888.

Les nombreux amis du président Gattaz et les amoureux de la musique ont terminé la soirée autour d’un chaleureux cocktail.

La Renaissance Française félicite le Président de la délégation de La Renaissance Française en Sarre, Monsieur Walter Glössner, pour son action inlassable au service de la musique , et remercie Monsieur Axel Maugey, pour son brillant discours d’hommage au président Yvon Gattaz.





Discours du président pour Mr GATTAZ

REMISE DE LA MEDAILLE D’OR DE LA RENAISSANCE FRANCAISE A MONSIEUR YVON GATTAZ

DISCOURS de Denis FADDA

Monsieur le Président Yvon Gattaz,
Madame Dora Bratchkova
Mesdames et Messieurs les membres des académies,
Madame le Ministre,
Madame l’Ambassadrice, Messieurs les ambassadeurs,
Monsieur le Président de la Fédération Maginot
Mesdames, Messieurs,

Les jeudis parisiens de La Renaissance Française s’attachent à conjuguer les talents et les arts

Ce soir ils font aussi conjuguer les mérites

Les mérites d’un entrepreneur-écrivain et ceux d’une artiste, d’une violoniste ; l’un et l’autre vont recevoir une distinction.

La Renaissance Française est une vieille institution. Fondée par Raymond Poincaré, placée sous le haut patronage du Président de la République et sous celui des ministres des Affaires étrangères, de la Défense, de l’Education nationale et de l’Intérieur, elle a pour Président d’honneur Monsieur Gabriel de Broglie de l’Académie française et de l’Académie des sciences morales et politiques, Chancelier honoraire de l’Institut, Président de la Fondation Simone et Cino Del Duca.

Notre organisation s’emploie à faire rayonner à travers le monde la langue française et la culture du monde francophone, à protéger les patrimoines, à encourager les arts et l’artisanat, à sauvegarder les langues minoritaires, en privilégiant la protection de la diversité culturelle et le dialogue des cultures.

Dès ses origines, elle a été autorisée à accorder des distinctions, ce qu’elle fait régulièrement en deux promotions annuelles.

Monsieur le Président Yvon Gattaz,

Vous êtes un entrepreneur de très grand talent, un patron et même un patron des patrons, un économiste et aussi un écrivain.

C’est l’écrivain qui est reconnu ce soir mais aussi, bien sûr, l’homme qui a tant oeuvré pour son pays et qui continue de le faire.

Vous avez écrit de nombreux ouvrages, une douzaine. Il y a aussi un nombre considérable d’articles et notamment ceux de la lettre socio-économique Les quatre vérités que vous avez créée avec le « club des quatre » ; tous ces écrits ont été conçus pour convaincre ; ils sont convaincants. Tous montrent un chemin.

C’est le cas du dernier paru de vos livres, Economiquement vôtre. Comme les autres, il fourmille d’enseignements relatifs à l’entreprise, à l’emploi et plus particulièrement à l’emploi des jeunes, à l’éthique aussi.

A propos de l’entreprise vous écrivez, « La modernisation dont la France a besoin, ce n’est plus l’esprit d’analyse, ni l’esprit de synthèse, ni la maturité, ni le raisonnable, c’est l’enthousiasme, l’innovation et le risque. ». Et vous déplorez que les jeunes diplômés des grandes écoles soient bien peu nombreux à être des créateurs d’entreprise, à prendre des risques. Péguy écrivait déjà : « Aujourd’hui, dans l’enfer moderne celui qui ne joue pas perd toujours plus ». La création d’entreprise est pourtant, dans le monde actuel, désenchanté, l’une des rares belles aventures encore possibles.

Mais vous notez que les mesures économiquement favorables au développement de l’entreprise rencontrent d’innombrables oppositions sociales, traditionnelles, sociologiques.

A l’aide vous préférez de l’air pour l’entreprise. Vous écrivez : « Les aides constituent un système pervers : l’Etat crée des charges insupportables qu’il tente d’atténuer ensuite par des aides sélectives d’une rare complexité, souvent inaccessibles aux petites entreprises ». La France détient le record des prélèvements obligatoires sur entreprise avec un taux de 62,2 % alors que la moyenne européenne est de 39, 6 % et que l’Italie, l’Allemagne et le Royaume Uni affichent respectivement 48 %, 46, 9% et 30,7%.

On ne peut s’empêcher de penser à Churchill qui disait « On considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre , ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char ».

Plus que jamais, dites-vous, un grand pays est un pays à l’économie puissante, et le rang des nations ne se mesurera plus dans l’avenir à leur surface ou à leur population, mais à leur PIB ou, mieux encore, à leurs exportations. Déjà la réalité vous donne raison. On pourrait citer Singapour et bien d’autres encore.

Si les gouvernants de tels pays ont en outre une force de conviction, ils sont entendus ; ceci j’ai pu le vérifier bien des fois dans les instances internationales.

Pour qu’un pays ait une économie puissante, il lui faut impérativement réduire le plus possible le taux de non emploi ; la question de l’emploi, et surtout de l’emploi des jeunes, est absolument prioritaire pour vous. Elle vous hante. C’est pour cela que vous faites porter vos efforts d’abord en faveur de la jeunesse.

L’esprit d’entreprise est consubstantiel de l’homme et l’entreprise est le centre de l’économie, elle est fille du libéralisme : elle mérite d’être connue et étudiée. En 1986 vous créez « Jeunesse et entreprises » en vue de rapprocher le monde de l’éducation et celui de l’entreprise avec un seul objectif, favoriser l’emploi des jeunes. Vous voulez que les enseignants apprennent à mieux connaître l’entreprise et que les jeunes soient mieux accueillis par elle. Vous concevez un axe jeunes-parents-enseignants-entreprises qui emploient. C’est un succès. Désormais, les enseignants ont davantage conscience que les entreprises sont créatrices de valeur non seulement économique mais aussi humaine et sociale.

L’entreprise doit avoir une assise morale. C’est la raison pour laquelle, dès 1975, vous avez créé « Ethic », une association qui rassemble les entreprises à taille humaine innovantes et de croissance et qui a produit une charte pour promouvoir des valeurs. L’intérêt général y a toute sa place. Le mouvement Ethic est à l’origine de bien des mutations dans le cadre de l’entreprise.

Votre remarquable réflexion, de même que vos enseignements, nous amènent à nous interroger sur les défis de notre époque.

Vous vous battez pour que les entreprises soient créatrices d’emplois. Je vous cite : « Nous ne pouvons abandonner nos jeunes aux couloirs d’attente de Pôle emploi et des secours publics d’urgence, alors que nous leur enseignons que l’assistanat n’est pas une solution glorieuse et que ’tout salaire mérite travail’ » et vous ajoutez, par ailleurs, que « les dirigeants du monde entier devraient placer l’emploi en tête de toutes leurs priorités sinon il arrivera un jour où les sans-emploi seront plus nombreux que les employés alors ils se révolteront ». Je crains que votre analyse ne soit prémonitoire.

Les progrès techniques font perdre plus d’emplois qu’ils n’en créent ; le développement de l’intelligence artificielle va en faire perdre encore. L’amélioration des formations, leur multiplication, la flexibilité de l’emploi, la mobilité apporteront-elles des solutions suffisantes ?

A l’échelon planétaire, la concurrence effrénée, et pas toujours loyale, entre géants amène à des politiques drastiques de réduction des coûts et donc, bien souvent, à des réductions d’emplois ; nos gouvernants, l’Europe ont-ils encore les moyens de lutter ?

C’est le moment de s’interroger. Quelle société voulons-nous vraiment construire ? Nous parlons souvent de progrès mais quel sens donnons-nous à ce mot ?

En grec, le mot « économie », nous le savons, est constitué par les racines « oîkos », la maison en tant qu’unité sociale et économique et « nomos », gérer, administrer. L’économie, considérée comme l’art de bien administrer une maison, de gérer des biens et, par extension, un pays, est subordonnée au politique. Une réflexion politique à l’échelon mondial est-elle encore possible ? Les difficultés que connaît l’O.M.C ne sont pas très encourageantes.

Monsieur le Président,

Vos écrits, qui ont la grande vertu du réalisme, sont fondés sur une praxis ; ils refusent les deux écueils que sont le fatalisme et l’idéologie. Fort heureusement, ils proposent une voie qui est celle de la mesure ; vous portez loin votre regard ! Ils sont une source très précieuse de réflexion et d’inspiration sur l’entreprise dans la conjoncture actuelle. A propos de Economiquement vôtre, un journaliste a écrit : « Voilà (…) un livre à mettre de façon urgente entre toutes les mains » ; nous partageons cet avis.

Par votre action inlassable, par votre plume, vous contribuez largement au rayonnement de la pensée française dans le monde ; ainsi suis-je infiniment heureux de vous remettre maintenant la Médaille d’or de La Renaissance Française.

Le 4 avril 2019

Discours du président pour Mme BRATSCHKOWA

REMISE DE LA MEDAILLE D’OR DU RAYONNEMENT CULTUREL A MADAME DORA BRATCHKOVA

DISCOURS DE DENIS FADDA

Madame,

Vous êtes née en Bulgarie et pendant des années vous avez été professeur à l’Académie de musique de Sofia, premier violon du Quatuor national Silven et aussi premier violon de l’Orchestre symphonique de la radio de Sarrebruck.

Appelée à devenir professeur de violon à la prestigieuse Académie de Musique et des Arts de la scène de Mannheim, vous vivez en Allemagne depuis 2003.

Soliste reconnue internationalement et fort recherchée, vous êtes Premier violon de la Deutsche Radio Philharmonie et Premier violon du Quatuor Rasumowski

Après vos études auprès du professeur Boian Lechev, lui-même élève de David Oïstrakh, vous avez obtenu des prix à des concours internationaux renommés ; notamment au concours Bach de Leipzig, au concours Curci de Naples, au concours Tchaïkovski de Moscou.

Vous donnez des concerts à travers l’Europe, au Japon aussi, en tant que soliste ou membre d’ensembles de musique de chambre. Comme soliste vous avez travaillé avec des chefs d’orchestre aussi importants que Stanislaw Skrowaczewski, Marcello Viotti ou Emmanuel Krivine.
Vos disques, vos CD, vos albums ont été enregistrés par les plus grands labels.

L’intégrale des 15 quatuors à cordes de Dimitri Chostakovitch a été enregistrée à l’occasion du centenaire de la naissance du compositeur, en 2006, et a été accueillie avec beaucoup d’enthousiasme.

Maxim Chostakovitch - lui-même pianiste et chef d’orchestre et qui est parmi les interprètes les plus importants des œuvres de son père - compte cet enregistrement comme l’un des meilleurs jamais réalisés de la musique de Chostakovitch.

DER SPIEGEL et DIE ZEIT ont parlé de « tempi incroyables » et d’une « interprétation captivante ».

Une excellente critique est aussi parue dans la presse musicale à propos du premier enregistrement de tous les quatuors à cordes du compositeur romantique suisse Friedrich Theodor Fröhlich.

Ne devrais-je pas ajouter que vous êtes membre du jury de plusieurs concours internationaux et réalisez régulièrement des master classes de violon et de musique de chambre.

C’est dire la grande carrière que vous accomplissez !

A La Renaissance Française, nous disons « la paix par la promotion de la culture » ; votre œuvre, Madame, contribue à la paix, à cette paix à laquelle, chaque jour, notre institution entend contribuer.

Ainsi avez-vous largement mérité la Médaille d’or du Rayonnement culturel que je vais maintenant vous remettre

Le 4 avril 2019

Discours de Mr MAUGEY pour Mr GATTAZ

Cher président Gattaz

Notre première rencontre eut lieu « en 1984 », au Québec que j’aime tant, lorsque la direction du service politique du « Figaro » me demanda de couvrir votre séjour dans « la Belle province ». C’est dans un avion du Premier ministre que nous fîmes connaissance profitant du vol Montréal-La Baie de James.

Dans l’aéronef, chaleur humaine immédiate entre nous, échanges de bons mots, vif intérêt du brillant aîné pour le journaliste universitaire et, en prime, vous m’offrez en plein ciel un cadeau au titre provocateur :
La fin des patrons. Heureusement que vous étiez déjà connu pour être un spécialiste de l’antigattaztrophe.

Cher président, vous êtes de ces hommes entreprenants que l’on ne saurait oublier.

Notre ami commun Alain Peyrefitte avait un jour rappelé qu’à l’âge de 27 ans vous aviez créé, avec votre frère Lucien, frère tant apprécié, la société « Radiall ». À l’âge des généraux de la Révolution, vous deveniez, Monsieur, un prince de l’innovation avant de défendre, plus tard, de 1981 à 1986, avec courage, le patronat devant le président François Mitterrand.

En 1989, année bénie, l’Institut vous reçoit. Une première, jamais « un patron des patrons » n’avait réussi à entrer dans ce fief. Monsieur vous êtes une fine lame.

Par bonheur, l’océan Atlantique ne nous a pas séparés. Lorsque je viens à Paris, nous sommes toujours heureux de nous revoir. En fait, nous bâtissons une solide amitié, au service d’un combat commun : faire de la France un pays ouvert sur le monde et sur les autres.
De 1984 à aujourd’hui, je suis allé avec joie, maintes fois, vous saluer à votre bureau de l’Association « Jeunesse et entreprise », association que vous présidez toujours avec fougue. Et là, au milieu de quelques photos et tableaux personnels, vivants, nous avons donné de l’épaisseur à cette amitié, en évoquant, entre autres, nos livres respectifs.

S’il fallait commencer par l’un de vos écrits, je conseillerais
Mes vies d’entrepreneurs (2006), un chef-d’œuvre dans le genre.

Vous êtes un être attachant, un vrai créatif, un perfectionniste, un entraîneur d’hommes, un ingénieur étonnant, un grand seigneur pétri de simplicité, un dauphinois chaleureux, pudique, dont on dit avec raison « qu’il murmure à l’oreille des jeunes ».

Alain Peyrefitte, mieux que d’autres, avait noté votre extraordinaire espièglerie verbale. Monsieur, vous êtes un adepte du canular. Aux côtés du néon et de l’argon, l’Yvon est un Gattaz rare. Au fil de certains de vos écrits, d’aucuns découvrirons vos fantaisies langagières.

En vérité, avec vous, les mots sonnent toujours justes que vous soyez à l’Académie française ou l’invité étonnant, détonant (du Gattaz de combat) au Théâtre des « Deux-Ânes », ils ont un sens plénier : courage, travail, loyauté, simplicité, humanité, humour.

Avec vous, les belles vertus du dialogue sont toujours au rendez-vous. « Tout ce qui monte converge », a écrit avec élégance Pierre Teilhard de Chardin. Vous appréciez la rigueur.

J’aime vos livres écrits à la fois avec la ferveur du technicien méticuleux et la force légère de l’humaniste, de celui qui sait où il va, où il nous emmène.
Vos paternités sont vraiment nombreuses, j’en ai compté 15.
Rien d’illégitime, rassurez-vous chers amis.

Pas moins de 12 dans le domaine économique. Citons-en quelques-unes : création de Radiall, une pépite, en 1952. Père aussi des « horaires flexibles » contre tous les syndicats réunis, en 1971. Ce fut le plus grand progrès social depuis la sécurité sociale.

Créateur du mouvement ETHIC, mouvement qui a prôné la morale d’entreprise, la création d’entreprises et la stratégie humaine en entreprise, en 1976. La même année vous êtes le père du « décitemps » c’est-à-dire que le dixième du temps de travail de l’employé est consacré à des causes d’intérêt général.

En 1987, de nouveau père, mais cette fois du COMEX 93, ce qui permet la réanimation économique du département de Seine-Saint-Denis.

En 1995, vous créez l’association ASMEP (aujourd’hui METI) spécialisée dans le domaine des décisions stratégiques, et en 2008, vous devenez le père des ETI, entreprises de taille intermédiaire de 250 à 5000 salariés avec l’appui du président de la république.

Génétiquement enfin, vous êtes le père de 3 enfants, Pierre, Roselyne et Vincent. Une belle famille et tout cela fait bien 15 paternités.

Il faut noter que vous avez toujours construit vous-même le fauteuil dans lequel vous vous êtes assis, avec deux exceptions où vous vous êtes comporté en « bernard-l’hermite ».

D’abord le CNPF (devenu MEDEF) de 1981 à 1986 et ensuite l’Académie des sciences morales et politique depuis 1989.

Cher président, j’aime votre indépendance. Vous allez au fond des dossiers que cela plaise ou non, toujours pour le bien commun. Vous savez qu’il faut toujours donner sa chance aux coureurs, à ceux qui en veulent.

Mon cher Yvon, je n’ai fait ce soir qu’effleurer vos immenses qualités. Vous êtes un esprit libre. Un homme libre, la fine fleur de la France qui construit. Et c’est-ce qui nous rapproche.

S’il y a un homme qui croit dans les capacités des jeunes, c’est bien vous. Votre dernier livre titré : « Économiquement vôtre » publié par l’excellent éditeur Philippe Héraclès, aurait pu tout aussi bien s’intituler : « l’emploi, l’emploi, l’emploi » (c’était d’ailleurs, m’avez-vous confié, votre premier choix). Le président Fadda a su en exprimer la substantifique moëlle.

Cher président, vous avez écrit là un livre qui fera date. Il devrait être remboursé par l’éducation nationale, tant il est utile au futur emploi des jeunes.

Au fond, vous êtes le Beaumarchais de l’entreprise, un homme d’action, de verbe, d’épée, de flammes.

En cherchant, j’ai découvert votre secret, celui de l’immortalité. Sans le clamer sur tous les toits, vous rajeunissez en douce, grâce à votre passion pour l’innovation. Vêtu de votre habit d’académicien, vous êtes toujours vert pour le plus grand profit, économie oblige, de vos amis.

Cher président, nous connaissons vous et moi, bon nombre de mots de la langue française, sauf celui de retraite. Il est vrai que les mousquetaires ne reculent jamais. J’en ai la preuve vivante en vous admirant, toujours en train de concocter une botte secrète. La devise de « Radiall » n’est-elle pas « vite et bien » ? Ça ne laisse guère de chance à vos concurrents.
Pourquoi vous aime-t-on autant ? Parce que vous pensez aux autres, vous vous intéressez aux autres. Il fallait qu’un certain nombre de vos amis fussent là ce soir.

Vous êtes notre D’Artagnan de l’économie, un partageur, un rassembleur, un homme d’idéal, un amoureux de la vie.

Pourquoi vous suit-on, vous écoute-t-on ? Tout simplement, parce que vous donnez l’exemple. Vous ne cessez de nous inspirer en nous disant : allez-y, réveillez-vous, ne lâchez rien. Cet hommage, ce soir, nous permet de vous remercier du fond du cœur.

Permettez-moi de vous faire une dernière confidence : Vous êtes pour moi « un frère d’armes », même si mon expérience est fort loin d’égaler la vôtre. Mais « l’homme se mesure à ce qu’il admire » a dit Villiers de l’Isle Adam.

Pour conclure, permettez-moi d’émettre deux vœux.
Le premier, il serait temps que l’on vous consacre un livre qui permettrait de mieux faire comprendre aux plus jeunes ce qui a permis votre réussite permanente, je dis bien permanente. Vous en avez déjà parlé, ici et là, mais une synthèse serait la bienvenue.

Il faut expliquer de façon détaillée, comment vous avez osé croire en vos projets, en vos idéaux, en votre bonne étoile, ce qui vous a permis de réorienter votre destin et parfois de le sublimer. Quelle audace ! Quelle volonté !

Vous nous enseignez que réussir sa vie se conquiert, se mérite, vous avez toujours su décrocher vos victoires. Quel exemple pour nous !

Mon deuxième vœu, ce serait qu’un prix « Yvon Gattaz de l’innovation » vit le jour.

Je pense que vos très nombreux amis seraient heureux que vous le décerniez le plus longtemps possible.

Au cœur de l’olympisme économique, vous êtes, bien cher président, au premier rang, grâce à « cette Médaille d’or » qui va à présent vous réjouir et nous réjouir au plus haut point.

Geneviève, votre épouse, aurait aimé être là ce soir, à vos côtés. Elle l’est par la pensée. Roselyne, votre fille est ici et je la salue bien affectueusement.

On disait de Sacha Guitry : il est vivant, la formule vous va comme un gant, mais contrairement à lui, vous, on ne vous le reproche jamais.

Au contraire, on vous encourage à le rester très longtemps.

« Merci d’exister » mon cher Yvon. Monsieur et cher président, vous êtes notre Mozart de « l’emploi, l’emploi, l’emploi ».

Il est temps d’arrêter mon propos pour que les amis, ici rassemblés, aient le plaisir d’être choyés, gâtés, que dis-je gattazés, par votre présence rayonnante.

Je vous remercie
Axel Maugey

Discours d’Yvon Gattaz pour la remise de la Médaille d’Or
de la Renaissance Française

Discours d’Yvon Gattaz pour la remise de la Médaille d’Or
de la Renaissance Française,

Monsieur le Président,
Chers Amis Académiciens,
Chers Amis,

Cette décoration totalement inattendue, est tombée du ciel en l’illuminant comme une météorite. Quelle surprise et quelle joie pour le destinataire-récipiendaire qui, ô honte, ne connaissait pas auparavant cette magnifique Association La Renaissance Française créée par Raymond Poincaré !
C’est donc avec un immense plaisir que je reçois cette prestigieuse citation et je vous en suis, cher Président, infiniment reconnaissant même si vous avez avec mon ami Axel Maugey un peu magnifié mes mérites personnels.
En fait, je crois que vous souhaitez également que je présente ici à nos amis mon dernier et douzième livre « Economiquement vôtre » publié récemment aux Editions du Cherche-Midi dont le Président Philippe Héraclès nous fait l’honneur d’être parmi nous ce soir.
En fait cet ouvrage n’est pas un livre ordinaire mais un piège. Oui, un piège pour le lecteur non averti ou le lecteur pressé, cas de la plupart des lecteurs en 2019.
Et le piège de ce livre est triple. Un ami m’a même dit récemment que c’était un traquenard et une énigme à déchiffrer. Nous allons tenter de le faire ensemble en peu de mots.
Tout d’abord, n’exagérons pas. Ce n’est pas le recueil des hiéroglyphes de Champollion. Non, ce livre est écrit en français, et même, je pense en bon français compréhensible par tous et surtout par les jeunes auxquels il s’adresse prioritairement.

1er Piège :
La couverture « Economiquement vôtre » peut faire croire au lecteur pressé, le LP, qu’il s’agit d’un traité de macro-économie et qu’il doit le classer dans sa bibliothèque entre mes Confrères et amis Maurice Allais et Jean Tirole. Le lecteur attentif, le LA, qui remplacera le lecteur pressé, LP, découvrira dans le livre beaucoup de conseils importants en micro-économie, en économie d’entreprises et même en économie de la ménagère qui affiche dans une simplicité biblique, la colonne « ressources » et la colonne « dépenses » que le simple bon sens conseille d’équilibrer. Voilà pour la couverture piège.

2e Piège :
La quatrième de couverture qui affiche le terme « Facétieux » déjà employé par Fayard pour un de mes livres précédents. Or une facétie est une plaisanterie simple qui peut même parfois faire croire à une futilité de la pensée de l’auteur. Ce qui serait affligeant, reconnaissons-le. Par bonheur, mon éditeur a eu la bonne idée de placer en quatrième de couverture ma photo en grand apparat, en habit vert d’Académicien, uniforme que je mérite puisque comme vous le savez je suis le Doyen d’élection de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Pour autant, nous ne révélerons pas ici mon âge à mes admiratrices, de moins en moins nombreuses, avouons-le.
Et là encore, le LP, le lecteur pressé, ne comprendra pas. Et cela se terminera comme le célèbre sonnet d’Arvers :
« À l’austère devoir, pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
"Quelle est donc cette femme ?
et ne comprendra pas. »

Sonnet émouvant qui tirait des larmes à mon vieux père artiste peintre.
N’ayant rien compris lui non plus, le LP, le lecteur pressé, placera, en fermant les yeux, mon livre à côté des mémoires du Sapeur Camember. Voilà pour le deuxième piège.

3e Piège :
Quant au 3e piège du livre, il est plus subtil, car il concerne les LP, bien sûr, mais aussi les LA, les lecteurs avertis, qui, en ouvrant les premières pages, découvrent des dessins humoristiques sur la flamme d’étendards avec un « Gattazisme », aphorisme qui se veut profond mais qu’ils prennent quelquefois pour une simple « Gattazerie » aphorisme de forme seulement. Tragique erreur de prendre un « Gattazisme » pour une « Gattazerie ».
Et pourtant, ces aphorismes d’oriflammes valent le détour et peuvent même être fort utiles aux jeunes, cibles prioritaires de cet ouvrage. Tels ces quelques « Gattazismes » affichés :

  • « Le malheur est dans le prêt » peu apprécié des banquiers
  • « Le talent de la gestion, c’est la gestion des talents ». Là on rit quand on comprend disent les chansonniers.
  • « Il y a loin de la Coupole aux lèvres » malédiction des recalés de l’Institut
  • « Start c’est bien, up c’est mieux » réservé aux anglophones
  • « La multiplication des emplois passera par la multiplication des employeurs » secret anti chômage
  • « Tout salaire mérite travail » ou l’art de retourner élégamment sa veste.
    « Quand l’ouïe commence à dire non », handicap des derniers de cordée.
    Et le LP cherche Goscinny et Uderzo comme auteurs.
    Et il classe précipitamment le livre avec ses bandes dessinées !
    Voilà pour les pièges du LP, du lecteur pressé, Mais portons quelque attention au LA, le lecteur averti, qui lit cet ouvrage de G à Z (comme on dit chez les Gattaz). Ce lecteur fera des découvertes inattendues : des pièges sérieux cette fois.
    Car ce livre à la forme volontairement plaisante, contient quelques messages forts, très forts : l’emploi dans le monde dans les décennies qui viennent deviendra la priorité de tous.
    En effet, tous les rapports sérieux et peu lus sur ce sujet prioritaire de l’emploi montrent que tous les employeurs du monde, privés ou publics, n’ont qu’une obsession inavouée et inavouable : réduire les effectifs au nom de la productivité et de la compétitivité. Et l’on se souvient du triomphalisme de l’Etat Français lorsque, le premier, il a supprimé les contrôleurs du métro.
    Et l’équation prochaine de l’emploi sera gravement négative puisque les emplois nouveaux, plus évolués, ne remplaceront pas en nombre les emplois obsolètes, et, de plus 600 millions d’emplois nouveaux devront être fournis à la population mondiale nouvelle d’ici 2030 d’après l’OIT.
    Si le livre est amusant, on le voit, le sujet est tragique.
    Non je n’ai pas voulu rédiger un traité car vous le savez, les traités sont comme les nuits : plus ils sont profonds moins on y voit clair.
    Si les peuples ne placent pas l’emploi de demain dans leurs priorités nationales, les sans-emploi lorsqu’ils seront beaucoup plus nombreux que les employés ne manqueront pas de se révolter.
    Si, par bonheur, la faim diminue dans le monde, (extrême pauvreté 1,9 milliard en 1990 et 750 millions en 2015 d’après la Banque Mondiale), le non emploi, lui, augmente de façon inquiétante : voilà le grand message.
    Quant aux subtilités philosophiques entre travail et emploi, l’entrepreneur en parle peu car dans sa productivité simpliste, il croit naïvement qu’il lutte pour le travail en créant des emplois.
    Par bonheur, ce livre a été classé par de bons auteurs comme le journaliste Philippe Courtois de Var Matin ou les Professeurs Axel Maugey et Ronald Nossintchouk, ici présents, non seulement comme un « bon livre » mais comme un « grand livre » puisqu’ils ont eu la ténacité d’en chercher les messages profonds parfois dissimulés et les plus importants sont ceux de l’emploi et particulièrement de l‘emploi des jeunes. En effet, en France, le mot emploi est trop peu employé. Les politiques prononcent cent fois le mot « inégalité » (qui n’est parfois que l’expression vertueuse de la jalousie sociale) pour dix fois seulement le mot « chômage » tragique et une seule fois le mot « emploi » magique.
    Et je voudrais citer ici les Ni Ni Ni, ces jeunes qui n’ont ni Formation, ni Emploi, ni Stage, ceux que les Anglo-Saxons appellent NEET et qui seraient non pas 1,5 million comme je l’ai indiqué dans mon livre, mais sans doute 3 millions, chiffre invraisemblable assumé à la fois par l’OCDE et l’OIT. Et ces Ni Ni Ni où sont-ils ? Parfois dans leur famille. Ils ne pointent même pas à Pôle Emploi. Ils ont parfois quelques petits emplois au noir. Et ils sont la proie facile du désœuvrement, voire de la délinquance ou de la drogue.
    Nous ne pouvons pas, pudiquement, fermer les yeux. Et nous devons agir, comme nous tentons de le faire depuis 33 ans à Jeunesse et Entreprises.
    Et le point culminant du livre c’est sans doute ma proposition scandaleuse d’une nouvelle devise nationale qui remplacerait notre « liberté, égalité, fraternité » de 1848 qui a héroïquement servi avec quelques réserves sur les coquetteries éventuelles entre égalité et liberté. Devise qui pourrait céder sa place au triple appel pathétique : « L’emploi, l’emploi, l’emploi » comme je le propose de façon répétitive, et même, parait-il, obsessionnelle, depuis mon article du Monde du 5 mars 1986 il y a 33 ans, message cent fois répété depuis.
    Voilà M. le Président, le film de ce livre choc un peu déroutant, dont les profondeurs semblent enfin explorées par des plongeurs téméraires. J’espère qu’il donnera à nos amis l’envie de plonger eux aussi en retenant leur souffle.
    Mais pour conclure sur une note moins tragique, dans l’axe optimiste de ce livre, je rappellerai que la France ne compte pas, comme on le dit, un jeune sur quatre au chômage. Ces 25% sont dus à l’interprétation rapide du « taux » de chômage défini par le BIT avec :
  • au numérateur le nombre de chômeurs, bien sûr
  • et au dénominateur la population dite « active » comprenant :
    • Les vrais actifs au travail
    • Les chômeurs (mais oui !)
    • Et en excluant les scolarisés (qui ne sont pas considérés comme actifs)
    On le comprend facilement : la France ayant beaucoup de jeunes scolarisés (en Allemagne, ils sont souvent salariés d’entreprise en formation duale) et en réduisant son dénominateur on augmente sa fraction.
    C’est le syndrome du camembert qui affiche 45% de matière grasse par rapport à la seule matière sèche et 15% seulement pour le même camembert par rapport au poids total comprenant 2/3 d’eau.
    Rassurons-nous, la « part » du chômage des jeunes est définie par Eurostat par rapport à la population totale, est de l‘ordre de 8% en France comme dans toute l’Europe. Ouf ! Nous sommes sauvés.
    Et pour terminer, je vous renouvelle mes remerciements M. le Président pour cette prestigieuse décoration de la Renaissance Française.
    Merci à tous nos amis de m’avoir si chaleureusement entouré et comme disait Chamfort « Si les raisonnables ont duré, les enthousiastes, eux, ont vécu ».
    Merci à tous.

Yvon GATTAZ

Portfolio

  • Crédit photo : Flore Chapelle