De la genèse de l’idée de Dieu par Ibrahim TABET par Ibrahim TABET

, par  Internet - Site , popularité : 7%
Version imprimable de cet article Version imprimable

Les grandes religions de l’Antiquité avaient une conception trinitaire de la divinité qui sera reprise par le christianisme. Pour la théosophie ou sagesse des dieux, le microcosme est, par sa composition ternaire, à l’image du macrocosme, monde divin, humain et naturel, qui est lui-même l’organe ineffable de Dieu, lequel est Père, Mère et Fils, essence, substance et vie. A Osiris, Isis et Horus chez les Égyptiens, correspondaient Zeus, Déméter et Apollon chez les Grecs, Brahma, Shiva et Vishnou chez les Hindous. Incarnation de l’éternelle énergie cosmique, Shiva tient dans sa main gauche supérieure une langue de feu, et dans sa main droite supérieure le tambourin, représentant la musique, symbole de l’harmonie des lois de la nature. A l’origine est le règne absolu de la flamme. Le feu s’abaisse. La matière s’éveille et s’organise. La flamme fait place à la musique. Les gestes des autres mains traduisent l’équilibre de la vie et de la mort dans le cycle des réincarnations à l’issue duquel les âmes sont destinées à fusionner avec le Brahma suprême.

Représentée par le disque solaire, source de vie, la première idée d’un Dieu unique et exclusif formulée par Akhenaton ne lui survécu pas. Puis, au bout d’une longue maturation, une partie de l’humanité s’est ralliée à l’idée, développée par une succession de prophètes inspirés, d’un seul Dieu, à la fois transcendant, omnipotent, omniscient, créateur de toute chose et éthique. C’est le cas des adeptes des trois religions du Livre : juifs, chrétiens et musulmans. Toutes les trois croient à l’immortalité de l’âme, et font dépendre le salut dans l’au-delà de la conduite ici-bas. Elles croient aussi à l’existence de l’enfer et du paradis dont on ne sait s’il se situe au « ciel » ou dans l’une des milliards de galaxies peuplant notre univers.

Les premiers à se rallier à cette conception du monothéisme furent les Hébreux. Fruit d’une longue évolution, elle ne s’imposa définitivement qu’au Vie siècle avant notre ère, contrairement à l’assertion de la Bible qui la fait remonter à Abraham. C’est à la même époque qu’apparut en Perse un autre monothéisme, le Zoroastrisme, adorant un Dieu unique et éthique, Ahura Mazda, qui, comme le Dieu de l’Ancien Testament, protège les fidèles et punit les pécheurs. Abraham ainsi que Moïse sont probablement des personnages légendaires dont l’historicité n’est pas prouvée. Aucun texte égyptien ne mentionne d’ailleurs l’existence de ce dernier, ni la réalité du récit de l’exode. La Bible est un mélange de récits de portée symbolique, comme celui d’Adam et Ève, d’événements historiques plus ou moins avérés, et de mythes empruntés notamment à la culture mésopotamienne, comme celui du déluge, ou de Moïse sauvé des eaux. Elle est également destinée à légitimer les notions de peuple élu et de terre promise, ce qui explique la lecture littérale qu’en font les juifs orthodoxes.

C’est le cas aussi des protestants fondamentalistes américains qui, rejetant toute critique rationnelle de la Bible, nient la théorie évolutionniste de Darwin et défendent la thèse du créationnisme affirmant la création directe de l’humanité par Dieu.
Le Dieu de l’Ancien testament était un Dieu jaloux et guerrier. Dans la Torah, Yahvé donne souvent à Israël l’ordre de partir en guerre contre les autres nations. « Tu démoliras leurs autels, tu briseras leurs stèles, tu brûleras leurs idoles, tu ne laisseras pas subsister aucun être vivant dans les villes que le Seigneur ton Dieu te donne en héritage » proclame le Deutéronome. Moïse et ses successeurs ne se privèrent pas d’ordonner des massacres au nom de Dieu. Ce n’est qu’après le retour de l’exil à Babylone, que les prophètes tardifs développèrent une littérature de sagesse traduisant un questionnement spirituel et brossant dans les psaumes l’image d’un Dieu aimant et compatissant, proche du cœur des fidèles. Et le livre de Job tenta de concilier la coexistence du mal et de Dieu.