De la genèse de l’idée de Dieu par Ibrahim TABET par Ibrahim TABET

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Contrairement à l’attente des Hébreux, Jésus se présenta comme un Messie purement spirituel dont le royaume n’est pas de ce monde. Il fera du Dieu d’Israël un Dieu d’amour. Mais il n’a pas voulu abroger la loi juive. C’est l’apôtre Paul qui a fondé une nouvelle religion de salut universel, distincte du judaïsme. A l’ancienne alliance entre Dieu et le peuple élu succède une nouvelle alliance entre Dieu et l’ensemble de l’humanité, fondée sur la foi en la divinité du Christ affirmée par les évangiles. A la différence des évangiles synoptiques de Luc, Mathieu, et Marc, c’est surtout le cas de celui, plus tardif, de Saint Jean, le seul où sa divinité est explicitement mise dans la bouche de Jésus, et qui en fait l’incarnation du logos divin. Il se peut que le récit de sa vie, tel que relaté dans les évangiles canoniques, rédigés bien après sa mort, soit en partie mythique. Et des miracles comme la résurrection de Lazare ont peut être été inventés pour les besoins de la cause. Mais cela n’enlève rien au fait qu’aucun prophète, y compris Bouddha, n’ait enseigné des principes moraux et éthiques aussi élevés et aussi ambitieux.

De la croyance que Jésus est fils de Dieu on passa à la croyance qu’il est Dieu fait homme, puis au mystère de la trinité. Les dogmes fondateurs de la doctrine chrétienne n’ont été élaborés par les quatre conciles œcuméniques (Nicée, Constantinople, Ephèse et Chalcédoine) qu’à la suite de longues controverses trinitaires et christologiques. Il a fallu trois siècles à l’Église pour proclamer le dogme de la trinité et pour résoudre la question des relations entre Jésus-Christ et Dieu le Père.

Est-il Dieu comme lui et ayant la même substance ? Ou un être divin créé par lui et subordonné à lui, comme le professait l’arianisme ? Dans la relation au Saint Esprit, la mention « filioque » a été, et demeure toujours, un sujet de controverse entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe. La question étant : de qui procède le Saint Esprit, du Père seulement ou du Père et du Fils ? Quant aux querelles christologiques elles portaient sur la coexistence en Jésus de l’humain et du divin. Au Ve siècle l’hérésie nestorienne qui veut distinguer en lui l’homme et le fils de Dieu, ainsi que le monophysisme pour qui le Messie a une seule nature, divine, ont fait l’objet d’une double condamnation derrière laquelle se profilaient des oppositions politiques et culturelles entre Constantinople et Alexandrie, Grecs et Sémites orientaux. Jusqu’à la Renaissance il ne fut pas permis à l’homme occidental d’avoir d’autre pensée que la pensée chrétienne. Pour Saint Augustin tout s’explique par l’influence du créateur. L’autorité de l’Écriture est supérieure à tous les efforts de l’intelligence humaine. Il ne faut donc pas chercher à comprendre l’univers et à étudier le monde sensible. La foi suffit.