De la genèse de l’idée de Dieu par Ibrahim TABET par Ibrahim TABET

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L’idée d’un Dieu unique ne pouvait qu’entrer en collision avec le polythéisme antique et le syncrétisme de la société romano-hellénique. Ce fut surtout le cas du Dieu universel des chrétiens qui, contrairement au Dieu national juif, est porteur d’un projet eschatologique qui doit sauver l’humanité entière. La conversion de Constantin, puis la proclamation du christianisme comme religion d’État par Théodose marquent le début de ce qu’Arnold Toynbee a qualifié de « plus grand désastre qui soit arrivée à la chrétienté : l’immixtion de César dans les affaires de Dieu, et de l’Église de Dieu dans les affaires de César ». A partir de ce moment, toute atteinte à l’Église devient une trahison envers l’État. Bien que le Christ ait prêché une religion d’amour, le christianisme institutionnalisé, contribua à légitimer la violence la plus brutale.

De persécutée au nom du Christ l’Eglise devint persécutrice en son nom. Contrairement à l’enseignement du Christ, elle a prétendu imposer la primauté du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel. Et, en contradiction avec le message évangélique de pauvreté, les papes de La Renaissance furent aussi des chefs politiques et de guerre, avides de pouvoir et de richesses matérielles. Abus à l’origine de la Réforme protestante qui prône une émancipation du pouvoir des clercs et de la papauté pour revenir aux principes de l’Evangile. Puis de la Contre-réforme qui enclencha un processus conduisant l’Église catholique à se concentrer finalement, sous la pression des pouvoirs séculiers, et non sans résistance, à sa mission spirituelle, morale et sociale ; et, depuis le concile Vatican II, à se prononcer pour un dialogue avec les autres religions, au grand dam des catholiques intégristes, disciple de Mgr. Lefebvre.