De la genèse de l’idée de Dieu par Ibrahim TABET par Ibrahim TABET

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Dernière née des religions monothéiste l’islam est revenu à l’unicité de Dieu proclamée par le judaïsme. Un Dieu transcendantal, invisible, clément et miséricordieux. Mahomet fut à la fois un prophète, un législateur, un fondateur d’État et un chef militaire. Se présentant comme envoyé de Dieu, il ne voulait pas d’abord créer une religion nouvelle mais revenir à la foi originelle d’Abraham. Se proclamant comme le sceau des prophètes, il ne prônait pas une rupture avec le judaïsme et le christianisme, dont il respectait les livres saints, mais déclarait vouloir leur accomplissement et leur dépassement. Celui du monothéisme bancal du christianisme qui scinde Dieu en trois entités, et celui de la notion judaïque de peuple élu, remplacée par une religion universelle. Mais les réticences des chrétiens et l’opposition des juifs poussèrent le Prophète à prendre ses distances avec eux. Pour marquer cette rupture, il invite ses fidèles à ne plus prier vers Jérusalem mais désormais vers La Mecque. Alors qu’à La Mecque sa prédication revêtait un caractère religieux et liturgique, et donnait en exemple aux croyants la miséricorde divine, à partir de l’hégire les sourates médinoises prirent une orientation nettement politique, sociétale et législative.

Le Coran compte plusieurs versets qui exaltent la guerre sainte, le jihad, même si certains d’entre eux ont été interprétés comme des incitations à l’effort sur soi-même. Et l’islam se propagea par la conquête tout en ne cherchant pas à convertir de force les peuples soumis à sa domination, conformément à un verset qui déclare : « pas de contrainte en religion ». A la différence du catholicisme confronté au défi du protestantisme et qui a accompli son aggiornamento, l’islam sunnite, n’est pas parvenu à se réformer. La croyance que le Coran est la parole incréée de Dieu constitue un obstacle à son exégèse, malgré les efforts d’interprétation (ijtihad) du Hanafisme, la plus libérale et la plus souple des quatre écoles juridiques sunnites. Faisant preuve d’un plus grand esprit d’ouverture, les clercs chiites élaborèrent tout un corpus doctrinal destiné à donner une réponse aux défis du monde moderne. Les druzes quant à eux professent une religion syncrétique et ésotérique qui vénère sept incarnations de leur divinité, parmi lesquelles figurent Pythagore, Moïse, le Christ, Mahomet et le calife fatimide Al Hakim, inspirateur de leur croyance au Xe siècle.