De la genèse de l’idée de Dieu par Ibrahim TABET par Ibrahim TABET

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Les religions peuvent inspirer le meilleur comme le pire : des saints et des soufis mystiques, comme des soldats autoproclamés de Dieu perpétrant des atrocités en son nom. La croyance en un Dieu unique et universel engendre la croyance en une vérité unique et universelle et, de là à vouloir l’imposer au monde entier, le pas est vite franchi. L’histoire des religions monothéistes est entachée de multiples exemples d’intolérance et de fanatisme. Alors que l’Empire romain païen avait réussi à intégrer les peuples conquis en admettant tous leurs dieux dans son panthéon, le monothéisme des chrétiens, des musulmans et des juifs est devenu une source d’exclusion et « d’identités meurtrières ». Censées favoriser la paix, les religions sont pourtant devenues l’un des leviers de guerre les plus puissants. De ce point de vue les musulmans sont d’avantage en accord avec l’enseignement et l’exemple de Mahomet qui fut aussi un chef politique et de guerre que les chrétiens avec celui du Christ qui se fit l’apôtre de la non-violence. Cela dit l’évolution de la chrétienté et de l’islam en matière de tolérance s’est faite en sens inverse. Et alors qu’aujourd’hui ce dernier est le théâtre d’une recrudescence d’intolérance, cela a été longtemps davantage le cas de la chrétienté.

 En raison de l’absence de dogmes, les croyances indiennes, chinoises et japonaises ne sont pas exclusives comme les religions monothéistes. Elles admettent la pluralité des voies pour atteindre la libération. En Chine, une même personne peut être à la fois bouddhiste, taôiste et confucéenne, et au Japon se marier selon le rite shintoïste et avoir des funérailles bouddhistes. En outre l’idée d’un Dieu personnel est absente des sagesses asiatiques. Pour Bouddha c’est perdre son temps que de spéculer vainement sur les questions métaphysiques, l’existence ou non d’un être suprême étant inaccessible à la raison et à l’expérience.