Grand Paris et Nord-Pas de Calais : remise de la Médaille d’Or du Rayonnement Culturel à Monsieur Pascal AMOYEL

, par  Zoya ARRIGNON-REELEV , popularité : 7%

La 18 septembre à Paris, en partenariat avec la délégation du Grand Paris (présidente : Mme Ayten INAN) , la délégation du Nord-Pas de Calais a mis à l’honneur Pascal AMOYEL, compositeur, pianiste, auteur et comédien français.

Jean-Pierre ARRIGNON, Pascal AMOYEL, Ayten INAN
Jean-Pierre ARRIGNON, Pascal AMOYEL, Ayten INAN

La cérémonie s’est déroulée dans les magnifiques salons de la Fédération André MAGINOT qui ont été mis gracieusement à notre disposition par son président, l’Amiral Henri LACAILLE.

Le discours d’éloges en l’honneur de Pascal AMOYEL a été prononcé par Monique BERTHE, amie du pianiste, membre de la délégation Nord-Pas de Calais, lauréat de la Renaissance Française (promotion 1989)
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CHER PASCAL,
Des 1res improvisations avec ton père jusqu’à l’entrée à l’Ecole Normale de musique puis au Conservatoire National Supérieur de Paris, ta passion pour le piano s’exprime, grandit et le travail te récompense : lauréat de la Fondation Cziffra, de la Fondation Menuhin, diplômes, concours… tu donneras ton 1er concert devant ton maître, Georgy CZIFFRA. Tu l’admires et tu diras de lui : « j’ai rencontré un homme d’une générosité et d’une bonté extraordinaires. La musique était pour lui un prolongement de l’humain, de l’amour et de la fraternité. » Tu n’auras de cesse de l’appliquer à toi-même. C’est le début d’une carrière internationale, en récital, en musique de chambre ou en soliste avec les plus prestigieux orchestres, dans le monde entier. Mais chacun ici connaît ton CV, je ne le détaillerai donc pas et vais plutôt m’essayer à une autre peinture de toi.

Pour faire le portrait de Pascal AMOYEL, - citer d’abord la Renaissance Française :
« promouvoir la culture, œuvrer pour la paix en contribuant au rapprochement des hommes et des peuples par la diffusion de la Culture, la rencontre, le dialogue, l’échange, le partage. » Pascal est animé d’une passion infinie de TRANSMETTRE, son Savoir, son Enthousiasme, ses Convictions. A côté de la carrière que l’on sait, il tient à enseigner et soucieux de rendre la musique plus accessible au plus grand nombre, il publie une « Petite histoire de la grande musique » et anime une série d’émissions sur France Culture « Si la musique t’était contée » dans un esprit où un enfant qui n’aurait aucun lien avec la musique puisse ensuite s’y intéresser.
Tu n’oublies pas ceux porteurs de handicap et tu dis « l’une des plus grandes expériences de ma vie est d’avoir fait chanter des enfants autistes. » Tu parraines leur association. Tu crées le « Juniors Festival », le développement de la sensibilité étant une réponse à beaucoup de formes de violences. Tu diriges également au Perreux sur Marne le Festival « Notes d’Automne » qui mêle mots et musique.

Pour faire le portrait de Pascal AMOYEL, - citer ensuite la Fédération Nationale André Maginot « qui œuvre pour promouvoir la Mémoire ». Pascal incarne les VALEURS et les DEVOIRS que nous avons à assurer par rapport à nos Aînés. Il est tout entier habité par le DEVOIR de MEMOIRE. En témoignent :- plusieurs de ses compositions : In Memoriam, Itinérance, Nigun, Libera me, Kaddish de Terezin, Sadhana…- Le choix de son répertoire : à côté des grands classiques, un répertoire souvent peu visité ou mystique : Ernest Bloch, Olivier Greif, Charles-Valentin Alkan… DEVOIR de TEMOIGNAGE : par ses compositions et le choix de son répertoire certes, mais aussi en créant des formes nouvelles de spectacles dans lesquels il est comédien. Notamment « Le Block 15 ou la musique en résistance » d’après l’histoire vraie d’un pianiste et d’une violoncelliste des orchestres d’Auschwitz-Birkenau, qui racontent comment la musique leur a sauvé la vie. Pour incarner Simon Laks et Anita Lasker, Pascal Amoyel et Emmanuelle Bertrand sont 2 artistes qui OSENT parler de barbarie et de solitude mais aussi d’espoir, de fraternité et de tendresse ; une leçon d’histoire, une leçon de vie, en DEVOIR de VIGILANCE afin que l’avenir ne soit pas qu’un long passé.
Pour faire le portrait de Pascal AMOYEL, - citer alors Albert Camus : « Au centre de notre œuvre, fût-elle noire, rayonne un soleil inépuisable. » - citer aussi Franz Liszt : « La mission des artistes est d’exprimer, de manifester, d’élever et de diviniser en quelque sorte le sentiment humanitaire sous tous ses aspects. » Dans « Le pianiste aux 50 doigts » tu célèbres ton maître Georgy Cziffra victime des pires humiliations et souffrances dues à ses origines ROM. Suivront les hommages à LISZT et à BEETHOVEN, spectacles tous donnés à guichet fermé au Festival d’Avignon. De nombreux enregistrements obtiennent les plus hautes récompenses du monde de la musique ; je ne citerai pour exemple que le Grand Prix du disque Frédéric CHOPIN à Varsovie pour l’intégrale des Nocturnes. Classica accueille cet enregistrement comme : « un miracle que l’on n’osait plus espérer, tout simplement une version idéale, qu’on écoute bouche bée, en état d’apesanteur, ravi, au sens le + fort du terme, par tant de beauté. »

Pour faire le portrait de Pascal AMOYEL, - citer encore Frédéric Chopin : « caressez la touche, ne la heurtez jamais, il faut pour ainsi dire pétrir le clavier d’une main de velours et sentir la touche plutôt que la frapper. » Si les critiques saluent chez lui un jeu éblouissant et une technique totalement maîtrisée, ils sont unanimes à souligner chez Pascal Amoyel, modestie, sobriété, simplicité, pudeur, sensibilité…
Alors, c’est l’homme dans l’artiste qui est distingué : Victoire de la musique/ compositeur de l’année/ 1er grand prix Arts 2 Magots qui distingue un musicien aux qualités d’ouverture et de générosité/ 1er grand prix Jean Pierre-Bloch de la LICRA qui honore un artiste et son œuvre dans son rapport aux Droits de l’Homme/ Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres/ Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques…

Pour faire le portrait de Pascal AMOYEL, Il me faut lui associer Emmanuelle BERTRAND, sa partenaire depuis 20 ans à la scène et à la ville, son alter ego, sa muse, son interprète, 2 solistes brillantissimes, 2 Victoires de la musique, dont l’humilité n’a d’égal que le talent. Pascal et Emmanuelle ne transmettent pas seulement ce qu’ils savent, ils transmettent ce qu’ils sont. Bon sang ne sachant mentir, leurs filles Alma et Sarah viennent fleurir ce tableau en harmonie de quatuor.

Pour faire le portrait de Pascal AMOYEL , - citer enfin Jacques PREVERT, « Pour faire le portrait d’un oiseau » : …si l’oiseau ne chante pas, c’est mauvais signe, signe que le portrait est mauvais…mais s’il chante, c’est bon signe, signe que je peux signer…Pascal ne va pas chanter, Irène va le faire pour lui… alors je prends tout doucement la plume de Jacques Rebotier pour signer dans un coin du tableau :
« LA MUSIQUE OUVRE DES PORTES QU’ELLE NE REFERME JAMAIS ».

Discours de Jean-Pierre ARRIGNON, Président de la délégation Nord-Pas de Calais :
Madame la Présidente de la Délégation du Grand Paris de la Renaissance française
Mesdames et Messieurs les Présidents des délégations de la Renaissance française
Chers Membres, chers amis
Cher Maître,
C’est pour moi un grand honneur et un grand bonheur que de vous remettre ce jour la médaille d’Or du rayonnement culturel de la Renaissance Française. Après avoir vécu la difficile période du confinement qui a tout particulièrement affecté la Culture, le moment est venu de redonner à la culture sa véritable place dans l’espace social. Retrouvons pour ce faire le grand philosophe grec, Platon qui nous a laissé son analyse sociale de la musique : « La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à nos pensées ». Chacun d’entre nous a pu en faire l’expérience personnelle. Je me permets d’évoquer la mienne. Lorsque je lis et relis le superbe poème d’Anna Akhmatova, Requiem, j’écoute en même temps la 5e symphonie de Chostakovitch, réponse cinglante aux accusations et pratiques de Staline et Jdanov. La musique donne vraiment des ailes à nos pensées.
Cher Maître, vous participez pleinement à ces moments de bonheur à travers un instrument relativement récent : le piano. Né dans les premières décennies du XVIIIe s, en Italie. Le premier piano aurait été construit par le facteur Bartolomeo Cristofori. A la différence du clavecin instrument à cordes pincées, le piano forte est un instrument à cordes frappées à partir d’un clavier le plus souvent de 88 touches dont 53 blanches et d’un pédalier, la lyre, de 2 à 3pédales. Les cordes sont en acier. L’intérêt du piano c’est qu’il donne au Maître la maîtrise du son à la différence du clavecin, de sorte que chaque Maître peut exprimer toute sa sensibilité de l’œuvre qu’il interprète.
Enfin pour conclure, je partirai d’une autre citation de Platon sur laquelle nous pourrons réfléchir ensemble : « Si tu veux connaître un peuple, il faut écouter sa musique ». Ce thème a retenu l’attention d’un journaliste de France info Bertrand Dicale qui présente l’émission « les chansons qui font l’actu ». Il est intéressant de souligner combien la musque a pu marquer les époques. Aujourd’hui où nous vivons sous la dictature de l’événement et du buzz nous avons perdu cette dimension sociétale de la musique qui traduit à sa manière les forces qui transforment la société. D’où la dernière citation de Platon à laquelle je ferai allusion : « S tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique ». Ce que les régimes totalitaires, ce sont tous efforcés de faire.
Heureusement nous pouvons jouir de notre liberté et le moment est venu de décorer Maître Pascal Amoyel de la médaille d’Or du Rayonnement culturel, remise de décoration qui sera suivie d’une page musicale et du verre de l’amitié.

En honorant le musicien, nous n’avons pas pu nous passer de musique.
JPEG - 24.8 koLa cérémonie a commencé par la très belle improvisation au violon donnée par Alma AMOYEL, âgée de 13 ans, fille de Pascal AMOYEL.
JPEG - 23.3 koIrène BOURDAT, célèbre soprano, nous a émeirveillés avec les "Chants sacrés" de François-Bernard MÂCHE.