Liban : le brevet des collèges et le baccalauréat de français passent par toutes les épreuves La délivrance des diplômes en fonction des notes de contôle "en classe" pose un grand problème dans ce pays où les établissements ont dû souvent fermer leurs portes à causes de troubles divers et organiser un enseignement à distance.

, par  Pierre MABIRE , popularité : 16%
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Comme en France, c’est sur le contrôle continu que le baccalauréat et le brevet des collèges français seront délivrés cette année au Liban. C’est-à-dire avec les notes obtenues lors des contrôles en classe avant la crise sanitaire mondiale qui a conduit le pays à instaurer le confinement contre la propagation du coronavirus et de COVID19.
Pour l’heure, sont exclues de l’évaluation pour l’obtention des diplômes les notes obtenues sur des travaux réalisés à la maison, à distance, lors de périodes de troubles qui ont secoué le pays et contraint les établissements à fermer temporairement leurs portes.

Dans les pages de "L’Orient-Le Jour"

Dans sa livraison datée du mardi 7 avril 2020, le quotidien « L’Orient – Le Jour » sous la plume de la journaliste Anne-Marie El-Hage, souligne les risques d’injustice liées aux mesures prises à Paris par le ministre de l’Education, M. Jean-Michel Blanquer : « Qu’implique cette décision pour les 2 778 bacheliers du système français au Liban pour l’année scolaire 2019-2020 ? Henri de Rohan-Csermak, conseiller culturel adjoint chargé de l’enseignement français à l’ambassade de France au Liban, explique à L’Orient-Le Jour que « cette décision s’applique sans exception à tous les établissements homologués et français de l’étranger ». Elle part « du souci d’assurer la qualité et la robustesse habituelles du bac français ».
La journaliste souligne encore :
« Deux points demeurent toutefois à éclaircir, partant de « la situation particulière du Liban ». La première incertitude est liée aux élèves des établissements non homologués, ou partiellement, qui sont exclus de la décision du ministre Blanquer et qui sont invités à présenter les épreuves du bac en septembre, si la situation sanitaire le permet. Sachant que le Liban compte 49 établissements homologués, dont seulement 37 jusqu’à la classe de terminale, « 2 418 élèves bénéficieront d’une évaluation sur base du contrôle continu, alors que 360 autres élèves devront attendre la session de septembre », révèle le conseiller adjoint.

Cette décision ayant été mal accueillie par les établissements concernés et par les parents d’élèves qui craignent leur rejet par les universités, l’ambassade de France au Liban promet « de transmettre une note » au ministère français de l’Education nationale, proposant à titre exceptionnel que « les élèves des établissements libanais non homologués bénéficient eux aussi du contrôle continu ». « La réponse ne saurait tarder », espère le responsable ».

Une année scolaire libanaise secouée par de nombreux troubles

La question des notes sur des travaux scolaires « à distance » reste aussi un point de divergence des familles avec les directives ministérielles. L’année libanaise a été sévèrement secouée par des évènements extra-scolaires tels que soulèvement populaire, incendie d’établissements, fermetures pour cause économique qui ont contraint les élèves et leurs professeurs à se retrouver sur les réseaux internet spécialisés pour enseigner, apprendre, corriger et noter les devoirs faits à la maison sur ordinateur.
Pour les familles, les élèves et les professeurs, si les notes acquises à distance ne devaient pas être prises en compte au Liban pour la délivrance des diplômes français, alors la base de notation servant à l’évaluation du niveau des élèves sera extrêmement réduite, voire quasi nulle.
Cet aspect, spécifique au Liban, ne semble pas avoir échappé à la représentation officielle française à Beyrouth qui s’emploie à alerter le ministre Jean-Michel Blanquer. Dossier à suivre.