Arras. Déjeuner littéraire avec Santiago Amigorena Le 15 octobre 2020, la délégation du Nord - Pas-de-Calais recevait l’écrivain argentin, prix littéraire de La Renaissance Française 2019 pour son livre "Le Ghetto intérieur"

, par  Pascale de LORIOL , popularité : 18%
Version imprimable de cet article Version imprimable

Par Pascale de Loriol
En ce début d’automne, les membres et amis de la délégation de La Renaissance Française du Pas-de-Calais se retrouvaient, masqués comme il se doit, pour un déjeuner littéraire initialement prévu en mars 2020 mais reporté à cause du confinement du printemps.
Ils avaient le plaisir de recevoir Santiago Amigorena, prix littéraire 2019 de la Renaissance Française.

JPEG - 34.5 ko

Santiago Amigorena naît en 1962 à Buenos Aires (-Argentine). En 1973 sa famille s’exile à Paris où il passe deux ans à l’école internationale bilingue. Il intègre le lycée Rodin où il rencontre Cédric Klapisch avec qui il se lie d’amitié et collaborera de nombreuses fois. Il fait des études de lettres et intègre l’Ecole du Louvre.
En 1997, lors de sa rencontre avec Paul Otchakovsky-Laurens (créateur de POL Edition), il publie son premier roman Une enfance Laconique.
Santiago Amigorena est écrivain mais aussi, professeur, scénariste, acteur, producteur, réalisateur de films notamment « Quelques jours en septembre » « Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel » « Le péril jeune » « Ni pour ni contre bien au contraire » etc... Il a écrit 25 scénarios et fonde en 1996 la société de production « Les films du Rat ».

JPEG - 9.3 ko
Le Ghetto intérieur est son 10e livre (éd. POL) et pour cet ouvrage il a reçu en 2019 le Prix Littéraire de la Renaissance Française, mais aussi le Prix Choix - Goncourt de la Roumanie, de la Belgique et de l’Italie.
Buenos-Aires, 1940. Des amis juifs, exilés, se retrouvent au café. Une question : que se passe-t-il dans cette Europe qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt ? Difficile d’interpréter les rares nouvelles. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Ils auront trois enfants. Mais Vicente pense surtout à sa mère qui est restée en Pologne, à Varsovie. Que devient-elle ?
Elle lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée à l’intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager. »
Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Treblinka. C’était l’arrière-grand-mère de l’auteur.

Santiago Amigorena raconte le « ghetto intérieur » de l’exil. La vie mélancolique d’un homme qui s’invente une vie à l’étranger, tout en devinant puis comprenant la destruction de sa famille en cours et de millions de personnes.
Vicente et Rosita étaient les grands-parents de l’auteur qui écrit aujourd’hui : « Il y a vingt-cinq ans, j’ai commencé un livre pour combattre le silence qui m’étouffe depuis que je suis né ».
Ce roman est l’histoire de l’origine de ce silence.