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Culture et traditions : le 1er mai, jour du muguet

Si le Travail est fêté dans de nombreux pays le 1er mai, offrir du muguet ce jour-là n’existe qu’en France et dans les communautés francophones

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Offrir du muguet le 1er mai est une tradition spécifiquement française. Associée à la Fête du Travail, elle permet à chacun, uniquement ce jour-là en France, de pouvoir vendre dans la rue des brins de cette fleur très odorante, sans autorisation, sans inscription au registre du commerce, pour se faire un peu d’argent de poche.

Fête florale chez les Romains et les Grecs

Bien avant le muguet, à cette période de l’année, les Romains de l’antiquité célébraient les Florales en l’honneur de Flora, la déesse des fleurs. Les Grecs accrochaient des couronnes de fleurs à l’entrée des maisons.
Cette tradition arriva en France on ne sait comment. L’on sait cependant qu’à la Renaissance existait cette pratique de suspendre des branchages à l’entrée des maisons le 1er mai pour chasser la malédiction de l’hiver.
On rapporte aussi que Charles IX, roi de France, en visite dans la Drôme, aurait reçu un bouquet de muguet en cadeau d’accueil. L’année suivante, il aurait eu l’idée d’offrir des brins de cette fleur aux dames de sa cour.

Le muguet porte bonheur

Le symbole du muguet porte-bonheur revient au chanteur Félix Mayol (« Le Temps des cerises », « Viens Poupoule », et autres succès populaires). Arrivé à Paris depuis Toulon, sa ville natale, il donna une audition le 1er mai 1885 pour un engagement aux Concerts Parisiens, fleur de muguet à la boutonnière. Ce fut un succès. L’artiste décréta qu’il devait sa chance à ce brin de clochettes.
Le 1er mai 1900, lors d’une fête, les grands couturiers parisiens offrirent à leurs clientes et à leurs employés des brassées de muguet. Cette tradition fut conservée et se popularisa dans toute la France.

Muguet et fête du Travail

Quant à l’association « fête du travail et muguet », elle date de 1941. Durant l’Occupation, le maréchal Pétain eut l’idée d’inscrire au calendrier national un jour chômé le 1er mai pour célébrer « le travail et la concorde sociale ».
Dans le monde ouvrier, c’était le jour choisi pour commémorer les massacres des 1er et 4 mai 1886 à Chicago de travailleurs manifestant pour obtenir une journée de travail de huit heures maximum.
En France ces journées commémoratives étaient célébrées par le port d’une églantine rouge à la boutonnière.
Le maréchal Pétain fit interdire l’usage de cette fleur à des fins politiques et revendicatives, et autorisa le brin de muguet en remplacement.
Le gouvernement de Vichy eut beau disparaître à la Libération, et le pétainisme voué aux gémonies pour sa collaboration avec l’ennemi, la tradition du muguet perdura, ainsi que le jour chômé du 1er mai, qui devint jour férié payé en 1947.

Un « brin de Japon » pour le cœur de celle qu’on aime

Originaire du Japon, le muguet serait arrivé en France au Moyen-âge, époque des grands voyages maritimes pour la recherche de nouveaux pays et de leurs trésors. Mais rien n’est sûr car des croyances lointaines attestent de la présence de cette plante sur le pourtour méditerranéen et en Gaule.
Dans la mythologie, on raconte que le dieu Apollon aurait créé le muguet afin d’offrir à ses neuf nymphes aux pieds nus un tapis doux et parfumé sur lequel marcher.
La légende chrétienne narre l’histoire de Saint Léonard, ermite réfugié en forêt qui dût se battre contre un dragon. Sorti vainqueur de la bataille, on dit que les gouttes de sang qu’il versa au cours de la bataille donnèrent naissance à des pieds de muguet. Cette légende expliquerait en partie la croyance que le muguet porterait chance.

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Les Celtes attribuaient déjà des vertus porte-bonheur à cette plante : sa floraison signifiait le retour du printemps et de l’abondance de la nature.
Au Moyen Age, mai était le mois des mariages, appelés en ces temps « accordailles ». La tradition voulait que l’on accroche un bouquet de muguet à la porte de la bien-aimée, dont la blancheur des fleurs symbolisait la pureté.