FRANCOPHONIE ET PROGRAMMES UNIVERSITAIRES EUROPEENS - Georges FRERIS

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Une étude de Georges FRERIS

Francophonie et programmes universitaires européens

Il est souvent question, dans les milieux enseignants et autres, du besoin de l’utilisation de la langue française dans les affaires ou dans le domaine scientifique en particulier, mais très peu de personnes appliquent ce vœu. Devant la première difficulté, la plupart des fois, on recourt au service d’un autre code langagier, en particulier dans le monde universitaire en Europe, où les programmes européens interuniversitaires, qui ont le français comme langue officielle, sont presque inexistants. Et cela, malgré les bonnes intentions des universitaires. C’est dans cet esprit que j’envisage de présenter deux rares programmes européens : le Doctorat d’Études Supérieures Européennes (D.E.S.E.) et le Master Cultures Littéraires Européennes (C.L.E.), qui continuent, malgré les difficultés rencontrées, à utiliser le français comme langue officielle, sans pour cela exclure ou décourager les autres langues européennes, deux programmes auxquels je m’étais vivement engagé jusqu’en mars 2015, quand j’ai dû les abandonner, après ma retraite de l’Université.

C’est au début du XXIe siècle, qu’une équipe d’enseignants des Universités de Bologne (les Professeurs Anna Soncini et Ruggero Campagnoli) et de Haute-Alsace de Mulhouse (le Professeur, Éric Lysøe), ont élaboré avec des Collègues francophones européens la création d’un consortium, sous le patronage de la Commission européenne (programme Socrates) et du programme Curriculum Development Advanced (CDA), en vue d’un plan d’études, d’une durée de trois ans, avec possibilité de renouvellement, entre les universités et l’Institut suivants :

  • Alma Mater Studiorum, Università degli Studi di Bologna (Bologna, Italie)
  • Haute Ecole de Bruxelles, ISTI (Bruxelles, Belgique)
  • Universidad de Extremadura (Càceres, Espagne)
  • Université de Haute Alsace (Mulhouse, France)
  • Université de Paris IV Sorbonne (Paris, France)
  • Université de Paris XII Val-de-Marne (Paris, France) et
  • Université Aristote de Thessalonique (Thessalonique, Grèce).
    L’Université de Bologne sous l’initiative du Professeur, Anna Soncini, a agi en qualité d’initiateur et de coordinateur de ce programme, et a institué entre les Universités ci-dessus mentionnées, le Doctorat d’Études Supérieures Européennes (Doctorat Européen) en Littératures de l’Europe unie.

Ce programme doctoral, ayant le français comme langue véhiculaire, visait et continue à permettre à tout étudiant participant d’élaborer, dans les meilleures conditions scientifiques, une thèse dans le cadre d’une collaboration européenne entre les universités partenaires. Ce doctorat, conforme à la réglementation de chaque université, prévoit, à l’intérieur d’une convention cadre, une série de travaux et d’enseignements incluant une spécialisation en méthodologie et en techniques de la recherche, en relation directe avec le sujet de la thèse. Il a pour objectif la formation de spécialistes de haut niveau, capables de mettre en œuvre une véritable compétence culturelle européenne et, en conséquence, de répondre aux exigences du marché de l’emploi dans les domaines de la culture et des échanges interculturels.

Outre les débouchés traditionnels dans l’enseignement supérieur, ce DESE offre des possibilités de recrutement dans tous les domaines du secteur privé qui exigent des compétences et des connaissances concernant :

  • l’informatique littéraire ;
  • l’édition critique ;
  • la traduction en littérature et en sciences humaines ;
  • toutes les formes de médiation culturelle
  • la construction d’une identité culturelle et littéraire européenne.
    À cet effet, le DESE entend favoriser les rapports avec les industries culturelles, notamment sous forme de stages.

Ce doctorat s’organise selon les modalités suivantes :

  • Le siège de la coordination scientifique et didactique est sis à l’Université de Bologne et les candidats s’inscrivent dans l’une des universités participant au DESE, qui sont actuellement les institutions suivantes :
  • Université de Bologne (Italie)
  • Université de Haute-Alsace (France)
  • Université Clermont-Ferrand-II (France)
  • Institut supérieur de traducteurs et interprètes de Bruxelles (Belgique)
  • Université jagellonne de Cracovie (Pologne)
  • Université d’ État des Sciences Humaines de Moscou (Russie)
  • Plekhanov Graduate School (Russie)
  • Université Aristote de Thessalonique (Grèce)
  • Université Saint-Clément d’Ohrid de Sofia (Bulgarie)
  • Université de Valladolid (Espagne)
  • Université de Lisbonne (Portugal).
  • Le Conseil des Enseignants du DESE comprend au minimum un, au maximum deux enseignants par institution partenaire ; il est composé des enseignants qui ont participé à la mise au point du CDA ; à défaut, l’institution intéressée proposera d’autres représentants au Conseil des Enseignants. Le Conseil examine le profil du candidat par rapport aux finalités du projet. Peuvent également être appelés à collaborer aux activités d’enseignement, de recherche et de tutorat des enseignants n’appartenant pas au Conseil.
  • Trois (3) candidats au maximum chaque année, par institution partenaire, peuvent être retenus en vue de l’inscription au DESE.
  • La durée de la formation est de trois ans ou de six semestres consécutifs, au terme desquels l’étudiant peut obtenir, en fonction des modalités propres à chaque université, une ou plusieurs inscriptions dérogatoires jusqu’à la soutenance de sa thèse.
  • Chaque année, le Conseil des Enseignants détermine une ou plusieurs « langues thématiques » en fonction du thème choisi, mais chaque institution a sa langue de travail.
  • Chaque candidat doit maîtriser au moins trois langues, dont obligatoirement le français, la langue de l’Université d’inscription et la langue thématique, laquelle est choisie parmi les langues de travail des institutions participant au projet ; tout candidat peut proposer une autre langue au choix, parmi les langues officielles et régionales de l’U.E.
  • Ne peuvent faire acte de candidature que les personnes possédant les conditions requises pour être admis à s’inscrire à un doctorat dans leur institution, celles-ci retiennent les candidatures par le biais d’un concours, d’épreuves d’aptitude ou d’entretiens spécifiques, dans tous les cas conformément aux conditions d’accès aux doctorats et aux lois particulières en vigueur dans chacun des pays concernés.
  • Le concours, les épreuves d’aptitude ou les entretiens spécifiques ont pour vocation de permettre au responsable local de la formation de s’assurer des capacités d’expression du candidat, tant à l’écrit qu’à l’oral, dans la langue véhiculaire, dans la langue thématique et dans la langue de travail de l’université d’inscription.
  • Le Conseil des Enseignants définit annuellement le programme inter universitaire d’études doctorales. Pour chaque cycle-promotion le programme est axé sur un thème spécifique, choisi par le Conseil des Enseignants en fonction de son intérêt pour une réflexion sur l’identité européenne. Toutes les activités d’enseignement et de recherche sont centrées sur ce thème.
  • En relation avec celui-ci, les doctorants doivent travailler sur les sujets suivants :
  • Première année : Histoire de la littérature, histoire des idées, arts et lettres et littérature et informatique ; sur les quatre sujets traités, deux (Histoire de la littérature et Histoire des idées) sont présentés oralement au Collège Européen des Traducteurs Littéraires de Seneffe (CTLS) pendant la rencontre annuelle. Chaque exposé dure 20 minutes au maximum, et donne lieu à la production d’un article de 23.000 à 30.000 signes ; avant la présentation de ses travaux, l’étudiant expose son projet de thèse, durant 20 minutes au maximum.
    Les deux autres travaux (Arts et lettres et Littérature et informatique) sont présentés au Conseil des Enseignants sous forme écrite au terme de l’année académique .

1.décrivent les méthodes adoptés, les problèmes rencontrés pendant le travail de thèse et les solutions imaginées ;

2.développent un ou plusieurs aspects novateurs de la recherche.

Chaque exposé, dure 20 minutes au maximum, donne lieu à une discussion qui vise à évaluer le niveau de l’avancée du travail du candidat et à prévoir en conséquence, la date de la soutenance de la thèse.

  • Les thèmes spécifiques, choisis pour une réflexion sur l’identité européenne, depuis la création du DESE sont :
  • Cycle 2002-2005 : Le fantastique dans la littérature européenne (langue thématique : anglais)
  • Cycle 2003-2006 : La Modernité : de Baudelaire à nos jours (langue thématique : espagnol)
  • Cycle 2004-2007 : L’émergence de l’inconscient dans la littérature européenne (langue thématique : allemand)
  • Cycle 2005-2008 : Renaissance et Baroque (langue thématique : italien)
  • Cycle 2006-2009 : Mythes littéraires (langue thématique : grec - ancien et moderne)
  • Cycle 2007-2010 : Le Roman des Lumières (langue thématique : anglais)
  • Cycle 2008-2011 : Le Picaresque (langue thématique : espagnol)
  • Cycle 2009-2012 : Esthétique de la Nature (langue thématique : allemand)
  • Cycle 2010-2013 : Présence de la Bible (langue thématique : italien)
  • Cycle 2011-2014 : Visions de l’Orient (langue thématique : grec - ancien et moderne)
  • Cycle 2012-2015 : La Science en fiction (langue thématique : anglais)
  • Cycle 2013-2016 : Les rêves 
(langue thématique : espagnol)
  • Cycle 2014-2017 : La guerre 
(langue thématique : allemand)
  • Cycle 2015-2018 : L’eros en littérature 
(langue thématique : italien)
  • Cycle 2016-2019 : La tragédie 
(langue thématique : grec ancien ou moderne)
  • Cycle 2017-2020 : Le roman policier
(langue thématique : anglais)
  • Cycle 2018-2021 : Le naturalisme
(langue thématique : epagnol)
  • Cycle 2019-2022 : Le mélodrame
(langue thématique : italien)
  • Cycle 2020-2023 : L’épopée
(langue thématique : grec ancien ou moderne)
  • Cycle 2021-2024 : Utopies(langue thématique : anglais)
    A ce doctorat européen qui privilégie non seulement l’Union spirituelle et multiculturelle de l’Europe mais aussi et avant tout l’apprentissage des langues européennes et en particulier de la langue française, confiant la coordination du programme hors de France et la plupart des Universités membres provenant des milieux des institutions européennes non francophones, démontrant de la sorte que la langue française est un outil d’expression et de communication de l’U.E., s’est ajouté un programme européen de Master, le CLE (Cultures Littéraires Européennes) qui vise à proposer une formation en trois domaines culturels et linguistiques européens qui embrassent un large domaine de la pensée : de la littérature à l’histoire en passant par les sciences du langage. Ce parcours a l’ambition de donner une formation de haute qualité qui permettrait de maîtriser les aspects pluriculturels de l’Europe

Les universités fondatrices de ce programme sont :

  • Alma Mater Studiorum, Université de Bologne,
  • Université de Haute-Alsace (Mulhouse),
  • Université de Strasbourg,
  • Université Aristote de Thessalonique ;
    En 2012, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar s’est ajoutée au programme.

Les étudiants sont tenus de se déplacer dans deux ou trois universités du consortium afin de compléter leur parcours de formation, d’élaborer un travail de recherche et d’ obtenir un diplôme multiple.

Le Master CLE est un diplôme de formation ouvert à tous les étudiants européens et aux étudiants des pays tiers qui doivent :

  • avoir un excellent curriculum studiorum ;
  • avoir acquis un diplôme de licence (180 crédits) donnant accès à une formation à Bac + 5 ;
  • avoir acquis un diplôme universitaire et avoir suivi une formation comportant les disciplines suivantes :
    • Littérature

    • Langue (techniques d’expression, linguistique et sciences du langage, philologie),
    • Histoire,

    • Histoire de l’art.
  • connaître au moins :
    • l’anglais (niveau minimal B1)

    • la langue de l’université du consortium où ils veulent séjourner pendant la première année du Master (niveau minimal B1) soit le français, l’italien et le grec.
      Ce programme de Master CLE a trois objectifs fondamentaux :
  • la formation culturelle intégrant des méthodologies et des systèmes éducatifs et de recherche propres à chaque université du consortium, tout en gardant les particularités de chaque pays.
 Cela conduit à l’élaboration d’un modèle tridimensionnel des sciences humaines, qui permet à l’étudiant à la fois de se construire une image cohérente de la culture européenne et de maîtriser les aspects pluriculturels de l’ensemble européen ;
  • la formation linguistique donnant aux étudiants la possibilité d’avoir une formation linguistique de haute qualité en au moins trois langues européennes, valorisant et favorisant l’apprentissage théorique en classe avec les expériences in loco dans au moins deux pays du consortium ;
  • la formation dynamique voulant former une figure dynamique et critique d’expert en sciences humaines, connaissant les problématiques inhérentes à différents pays et qui puisse prendre, grâce à son bagage culturel à la fois théorique et pratique, des décisions avec professionnalisme et compétence.
    Un étudiant qui obtient le Master en Cultures Littéraires Européennes doit posséder les compétences qui correspondent au « second cycle level descriptor » du Tuning Project for European Studies http://tuning.unideusto.org et
  • savoir interpréter les événements, les développements et les politiques européennes dans les domaines national, régional et local (grâce aux unités 1 et 3 du programme) ;
  • être à même d’utiliser différentes méthodologies disciplinaires de façon complémentaire,
avoir des compétences suffisantes au développement de recherches guidées et savoir travailler de façon autonome ;
  • être en mesure de comprendre et interpréter les politiques européennes, être à même de comprendre et interpréter les idées et les concepts d’Europe et d’intégration européenne ;

  • savoir communiquer dans plusieurs langues internationales en utilisant la terminologie appropriée,
se déplacer dans différents pays et posséder de bonnes attitudes de compréhension culturelle ;
  • connaître, au minimum, trois langues (l’anglais, le français, et l’italien et/ou le grecque, selon la mobilité choisie) ;
  • connaître les différentes méthodologies des études littéraires (littératures nationales, littérature comparée, littérature et informatique etc.) ;
  • être en mesure d’élaborer une bibliographie exhaustive, un dossier de recherche et un mémoire de recherche sur un sujet concernant la littérature européenne ;
  • connaître, au minimum, les méthodologies de trois domaines (par exemple, histoire de la littérature, analyse textuelle, histoire, histoire de l’art, histoire des idées etc.) pour pouvoir analyser la production culturelle européenne de façon approfondie ;
  • connaître l’histoire et la culture de l’Europe de façon à contextualiser la production littéraire dans le cadre plus ample de l’histoire culturelle européenne.
    Les principaux débouchés des étudiants ayant obtenu les diplômes décernés par le consortium peuvent être :
  • la formation doctorale : toute formation doctorale centrée sur les littératures ou les cultures européennes. Les meilleurs étudiants seront naturellement invités à poursuivre leur formation dans le cadre du Doctorat d’Études Supérieures Européennes (D.E.S.E), « Les Littératures de l’Europe unie » ;
  • l’emploi dans les institutions culturelles européennes ou auprès de toute collectivité territoriale ayant à gérer un programme culturel (conception et organisation des expositions internationales ; l’élaboration et la gestion des programmes d’échanges culturels ; définition de contenus culturels dans les opérations de jumelage, d’association, conventions diverses) ;
  • l’emploi dans tous les domaines du secteur privé exigeant des compétences relatives aux métiers du livre (traduction, édition critique), du journalisme, de la critique, de la production radio ou télévisuelle, de la publicité, des relations publiques.
    La mobilité étudiante est obligatoire à partir du troisième semestre. Les périodes de mobilité obligatoire ne peuvent pas être remplacées par une mobilité virtuelle et cette mobilité ne peut pas non plus être remplacée par un séjour dans un établissement ne faisant pas partie du consortium.
  • Les étudiants doivent suivre la première année (premier et deuxième semestre) dans une seule université du consortium. Ils peuvent commencer dans l’université dont ils connaissent la langue.
  • Ils doivent choisir l’université dans laquelle ils suivent la première année (Université d’accueil) ; ils doivent aussi indiquer l’université (ou les universités) dans laquelle (ou lesquelles) ils veulent suivre les cours en deuxième année.
  • Les étudiants doivent impérativement avoir dans leur mobilité au moins deux universités européennes.
Veuillez remarquer que le choix d’un pays NON-EU au semestre 3 n’est pas possible si l’on a choisi un pays NON-EU aux semestres 1 et 2.
  • Le consortium choit en fonction des demandes si les étudiants retenus ayant choisi la France, iront à Mulhouse ou à Strasbourg.
    La programmation des cours vise à ce que tout étudiant puisse retrouver dans chaque Université les enseignements prévus dans une structure générale qui se compose par quatre unités didactiques, ainsi réparties :
UNITÉ 1UNITÉ 2UNITÉ 3UNITÉ 4
Littératures européennes Langue, Méthodologie et Sciences du langage Histoire et civilisation européen Travail de recherche Soutenance
Rapport avec les entreprises/institutions
50-54 ECTS 50-54 ECTS 17-21 ECTS 30 ECTS
  • Le minimum de crédits requis pour valider le séjour dans les Universités du Consortium est : trente (quinze pour les universités des pays tiers). Pour permettre d’intégrer les différents parcours formatifs, pour favoriser la mobilité étudiante pendant la deuxième année et pour faciliter les mécanismes de reconnaissance, le projet prévoit la structuration suivante :
Sémestre 1 Sémestre 2Sémestre 3 Sémestre 4
Unité 1 : 30-32 ECTS Unité 2 : 14-15 ECTS Unité 3 : 14-15 ECTS
30 ECTS 30 ECTS 30 ECTS 30 ECTS
  • Chaque étudiant commence dans l’Université européenne dont il connait la langue ; il y fréquente toute la première année en apprenant la langue du (des) pays où il se déplace en deuxième année.
  • A ce propos, des cours intensifs de langue sont assurés. Pendant la première année les étudiants apprennent ou approfondissent la connaissance de la langue ou des langues du pays ou des pays où ils doivent fréquenter leur deuxième année.
  • Il y a aussi des activités scientifiques et culturelles : des séminaires, des conférences, des visites des lieux sont organisés par toutes les universités du consortium.
    Étudiants participant au Master Erasmus Mundus CLE 2008-2015) :

Non-Européens

Pays

2008-10 2009-11 2010-12 2011-13 2012-14 2013-15 2014-16 Τotal
Albanie 1 1 2
Algérie 1 1
Argentine 1 1
Biélorussie 1 1 2
Bosnie-Herzegovine 1 1
Brésil 1 3 1 1 1 1 8
Cambodge 1 1
Canada 1 1 2
Chine 3 3 1 2 1 10
Colombie 1 2 3 1 7
Costa Rica 1 1
Egypte 1 1
Etats-Unis 3 2 5
Ethiopie 1 1
FYROM 1 1 2
Géorgie 1 1 1 3
Inde 1 1
Indonésie 1 1 2
Iran 2 1 1 4
Jourdanie 1 1 2
Kazakstan 1 1
Kossovo 1 1
Mexique 1 1 1 3
Montenegro 1 1
Οuzbékistan 1 1
Philippines 1 1 2
Russie 1 1 1 2 5
Sénégal 1 1
Serbie 3 2 1 1 7
Syrie 1 1
Soudan 1 1
Suisse 1 1
Thailande 1 1
Turquie 1 1 2
Ukraine 2 1 1 1 5
Vietnam 1 1 2
Yemen 1 1
Total Non-UE 22 19 16 11 14 6 4 93

Européens

Pays

2008-10 2009-11 2010-12 2011-13 2012-14 2013-15 2014-16 Τotal
Allemagne 2 2
Autriche 1 1
Croatie 1 1 2
Chypre 1 1
Espagne 1 1
France 3 1 1 1 2 1 9
Grèce 2 3 2 7
Italie 4 8 11 4 3 5 7 42
Pays-Bas 1 1
Pologne 1 1
Portugal 2 1 1 1 5
République Thcèque 1 1
Roumanie 1 1 2
Royaume-Uni 1 1 1 3
Slovaquie 1 1
Total U.E. 4 15 17 9 7 14 13 79

On peut conclure à partir de ces deux programmes que c’est aux enseignants-chercheurs à l’Université de choisir ou de former le cadre linguistique de leur travail pour développer leur carrière, leurs publications et diffuser le contexte de leurs recherches, tout en participant à la construction d’une Europe multiculturelle et plurilinguiste. Le fait d’encourager de publier un article ou une thèse en français, par une personne non francophone de langue maternelle, consolide la place du français à l’extérieur de ses frontières de langue maternelle et au moyen de cette promotion de la langue française on contribue à la diversité culturelle ainsi qu’à la prospérité partagée et durable de l’Europe Unie.

Encourager les programmes scientifiques européens de langue française mobilise la création individuelle et les acteurs collectifs que sont les entreprises de production et de diffusion, renforcent les identités multiculturelles et emplifient les moyens de l’arrivée des nouvelles technologies de l’information liées aux industries du savoir et de la connaissance. Par l’éducation, surtout universitaire du 3e degré, qui est à la base de tout, en particulier pour l’apprentissage des langues secondes sans lesquelles il n’y a pas de respect de la diversité culturelle, la maîtrise de la langue reste la première condition de l’émancipation de toute personne.

Si la mondialisation crée le besoin d’une « langue » unique, elle appelle aussi à d’autres façons de penser et de faire. Créer en français par des « étrangers » peut être dans ce cas un vecteur de l’altérité, une autre proposition, une meilleure solution. Face à l’anglo-américain, utilisé non comme langue de culture mais de plus en plus comme outil de travail, le français peut devenir une composante symbolique importante, culturelle et civilisationnelle. Sa faiblesse relative peut être aussi une force : le français incarne une alternative pas nécessairement conflictuelle face à l’anglais sur le marché linguistique. Car une langue n’est jamais neutre, mais une façon de penser, de concevoir et de vivre le monde. La création et la science peuvent se faire en français et ainsi la langue française peut obtenir une place privilégiée dans les échanges et sans rapport avec son réel poids démographique : étant la neuvième langue la plus utilisée dans le monde et la deuxième langue la plus enseignée et apprise, le français est, avec l’anglais, la seule langue parlée sur les cinq continents. Alors qu’elle n’est langue officielle unique que dans un seul pays.

C’est aussi de la bonne volonté des chercheurs universitaires que dépend l’existence, l’essor et l’avenir du français, pour maintenir et redonner à la recherche universitaire et à la science, un rayonnement
et une attractivité francophones. Il est indispensable de mettre plus de dispositifs, matériels et spirituels, pour assurer la mobilité des étudiants, des enseignants, des scientifiques et des chercheurs, pour leur permettre de circuler dans la « francosphère » en élargissant ses espaces. C’est aux chercheurs-universitaires des sciences dures que revient la charge et le devoir de redonner au français et aux cultures francophones une place plus décisive sur l’échiquier mondial de la recherche et de faire éprouver dans le déplacement physique de tout chercheur, l’importance de la diversité culturelle. Grâce aux divers programmes européens, la recherche francophone peut acquérier une nouvelle dimension et devenir une utilité nécessaire que bien de personnes la dénient encore, pour la simple raison qu’ils ignorent que toute création en français, par un étranger, est avant tout un acte conscient à la multiplication des identités, une grande tentation pour avoir accès au cosmopolitisme, une étape à l’éternel métissage des cultures.

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