Les francoprovençaux d’Italie du sud. Les communautés de Faeto et Celle di San Vito

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C’est avec l’arrivée d’une garnison de quelque 200 Provençaux au début de la seconde moitié du XIIIe siècle, avec Charles 1er d’Anjou, Comte de Provence, roi de Naples et de Sicile, frère de Saint Louis, que Faeto et Celle di San Vito, deux communes du nord des Pouilles, ont vu le jour. Ces soldats, rejoints bien vite par leurs familles, parlaient le francoprovençal ; leurs descendants le parlent toujours aujourd’hui.

Perchées à 900 mètres d’altitude et protégées par les monts environnants, ces deux communautés, distantes l’une de l’autre de trois kilomètres, ont non seulement réussi à préserver leur langue mais aussi à protéger leur culture, leurs usages, leurs coutumes et leurs traditions auxquels elles sont farouchement attachées. Dans les rues de ces localités, c’est bien plus le francoprovençal que l’on entend que la langue italienne. Descendants de Provençaux, leurs habitants se considèrent Français. Dans la salle du conseil municipal de Faeto est dressé le drapeau tricolore ; on le retrouve aux côtés du drapeau italien lors de chaque cérémonie. Pourtant, jusqu’au début des années 2000, la France les avait complètement oubliés ; « Il y a près de 750 ans que nous attendions cette reconnaissance » a souligné le Maire de Faeto lorsqu’il a été accueilli au Palais Farnèse, en 2009, pour y recevoir, des mains de l’Ambassadeur de France en Italie, Jean-Marc de La Sablière, la médaille d’or du Rayonnement culturel de La Renaissance Française.

Ce sont des îlots à la fois linguistiques et culturels où la vie des communautés est rythmée par les fêtes religieuses et profanes - dont la « sagra » du jambon ou, le 15 août, la célébration de « la Madone des épis » à Faeto - qui réunissent tous leurs habitants, et même certains de ces nombreux francoprovençaux émigrés aux Etats-Unis au cours du siècle dernier. Une culture étonnamment vivante, des communautés qui, ont su préserver leur identité et leur art de vivre.

Ces franco-provençaux se sont battus seuls pendant des siècles ; Ils comptent aujourd’hui beaucoup sur la Francophonie - leur famille, dont ils se sentent profondément solidaires - pour les aider à protéger leur langue et leur culture.

Depuis quelques années, La Renaissance Française leur apporte son assistance . Elle les a aidés dans la conception et l’organisation de l’Université francophone d’Italie du sud, l’U.F.I.S., qu’ils ont décidé de créer pour s’ancrer dans la Francophonie et mieux sauvegarder leur patrimoine.

Denis Fadda