Notre-Dame de Paris : hommage aux compagnons Il y a un an, l’opinion mondiale était saisie d’effroi à la vue d’images de télévision diffusant en direct l’incendie de la cathédrale de Paris. L’édifice sera sauvé grâce au savoir-faire ancestral des compagnons bâtisseurs auxquels nous rendons ici hommage.

, par  Pierre MABIRE , popularité : 8%
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Le 15 avril 2019, les télévisions du monde entier avaient leurs caméras braquées sur un évènement qui suscita une émotion planétaire. Il était 18h30, heure de Paris, lorsqu’apparurent les premières fumées et premières flammes dans les combles de la cathédrale Notre-Dame.
Les lances à incendies mises en action par les sapeurs-pompiers ne purent empêcher la propagation du sinistre à l’ensemble de la charpente, puis à la flèche qui s’effondra, poignardant au cœur tous ceux qui n’ont qu’admiration pour ce chef d’œuvre monumental d’art gothique.
A l’heure où sont écrites ces lignes, le monde entier est plongé dans un autre drame, celui d’une pandémie virale qui se compte en dizaines de milliers de morts et dont on ne sait où et pendant combien de temps encore elle sera une menace pour l’humanité. Le monument à préserver aujourd’hui en priorité est bien chaque être humain, quels que soient sa condition et le pays où il vit.
La récente fête de Pâques célébrée par les Chrétiens est symbole de victoire de la vie sur la mort, celui de la résurrection.

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Nous sommes assurés que Notre-Dame de Paris se relèvera de ses cendres, comme l’humanité se relèvera de la pandémie après en avoir tant craint et souffert.
Cette assurance à l’égard de la cathédrale de Paris – symbole de paix, de rassemblement, de concorde et de foi – nous est donnée par les compagnons bâtisseurs et restaurateurs de monuments historiques, ainsi que par les grands élans de générosité qui ont permis de constituer le fonds nécessaire au financement de travaux complexes.
Le violent incendie n’a pas fait que brûler des charpentes de chêne du XIIIè siècle et la flèche du XIXè siècle. Il a fragilisé l’ensemble de l’édifice faisant craindre l’effondrement de ses parties vitales : les piliers et les arcs-boutants qui les maintiennent à la verticale.

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L’architecture ogivale fut un défi des compagnons aux lois de la physique

Les travaux de sauvegarde ont porté leurs fruits. Lorsque le feu vert aura été donné pour le retour des compagnons sur le chantier à la suite de la levée de mesures de confinement contre la pandémie, l’échafaudage qui enveloppait la flèche pourra être démonté. Puis les travaux de restauration pourront être lancés.
Pour ce premier anniversaire de l’incendie de Notre-Dame de Paris, La Renaissance Française a choisi de rendre hommage aux compagnons bâtisseurs qui, depuis des temps immémoriaux réalisent des exploits de construction.
L’architecture ogivale (dite gothique depuis le XVIè siècle) avait été un défi lancé aux lois de la physique. D’une grande modernité pour cette époque, elle ouvrait une ère nouvelle dans la connaissance et la maîtrise des hautes élévations.

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Par les compagnons, les secrets n’ont jamais cessé de se transmettre pour être améliorés, et pour que d’autres exploits soient réalisés – le plus visible étant la Tour Eiffel, désormais dépassée en hauteur par des gratte-ciel élevés dans diverses capitales.
L’hommage rendu ici aux compagnons va au-delà de Notre-Dame de Paris. A Rouen, par exemple, où la flèche (en fonte) du XIXè siècle a fait l’objet de restaurations importantes. A Amiens, où la flèche du XVIè siècle fut sauvée grâce au savoir-faire des charpentiers et couvreurs.
Une ponctuation culturelle est donnée à la fin de cet hommage par trois artistes, eux aussi profondément touchés par cet incendie.

AMIENS : LE SAUVETAGE DE LA FLECHE
Deux noms de chefs de chantier restent à jamais attachés au sauvetage de la flèche de la cathédrale d’Amiens dont les bois étaient affaiblis par les outrages du temps, Claude Piette, le charpentier, et Raymond Vuilstek, le couvreur plombier d’art. Ce chantier dura de 1973 à 1980, avec des interruptions dues aux manques de crédits d’Etat pour achever les travaux dans des délais courts.
Voici plusieurs de ces hommes de chantier.

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ROUEN : LES ORNEMENTS EN CUIVRE REMPLACES

Fonte fracturée, boulons desserés, cuivres ornementaux percés : le sauvetage de la flèche de Notre-Dame de Rouen (dite Alavoine) qui culmine à 151 mètres du sol, avait une nature d’urgence. A la suite d’études approfondies, le chantier fut lancé en 2018 pour une durée de cinq ans.

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L’INCENDIE DE NOTRE-DAME DE PARIS VU PAR TROIS PLASTICIENS

 Pour la France

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Le peintre belge Leopold Baijot a réalisé ce tableau qu’il a décidé d’offrir "à la France" (Photo parue dans "La Nouvelle Gazette", journal paraissant dans la région de Charleroi).

 L’effondrement

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La chute de la flèche, par le plasticien Jérôme Dufay.

 Notre-Dame des cendres

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Vierge à l’Enfant et bois brûlé, par Mireille Mourot, sculptrice céramiste.