Notre-Dame de Paris : les chênes sont coupés Les derniers arbres devaient être tombés au plus tard le 15 mars, avant la montée de sève. Le prélèvement sur la forêt française, publique et privée, n’affecte nullement l’ensemble du massif forestier national. Les coupes ont été effectuées dans des secteurs où elles étaient déjà programmées pour l’éclaircissement.

, par  Pierre MABIRE
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Par Pierre Mabire
Les quelque mille chênes nécessaires à la restauration de la charpente et de la flèche de Notre-Dame de Paris ont tous été coupés. La campagne d’abattage avait débuté le 8 novembre 2020 dans la forêt domaniale de Bercé (Sarthe) en présence de Mme Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, du général Jean-Louis Georgelin, en charge de la conduite du chantier, et de MM. Philippe Villeneuve et Rémi Fromont, architectes en chef des monuments historiques.
Les derniers arbres devaient être tombés au plus tard le 15 mars, avant la montée de sève.
Le prélèvement sur la forêt française, publique et privée, n’affecte nullement l’ensemble du massif forestier national. Les coupes ont été effectuées dans des secteurs où elles étaient déjà programmées pour l’éclaircissement.
Là où les coupes ont été importantes, le renouvellement était déjà assuré par des jeunes pousses assurant la régénération des forêts concernées.

Des critères d’abattage très précis

Les critères d’abattage étaient précis. Il fallait des arbres de plus de 200 ans, de plus d’un mètre de diamètre et vingt mètres de hauteur. La cime des arbres fut survolée par des drones pour s’assurer de la qualité des parties hautes des grumes. Il fallait également que les arbres soient légèrement cintrés pour épouser la forme des voûtes.
Toutes les grumes sont actuellement transportées vers les scieries où elles seront séchées pendant douze à dix-huit mois et équarries avant d’être livrées aux compagnons charpentiers, pour une coupe des pièces vers la fin 2022.

Les tailleurs de pierre à l’œuvre

De leur côté, les tailleurs de pierre sont à l’œuvre. Des carrières ont été rouvertes, et les extractions vont bon train.
Sur le monument, des compagnons bâtisseurs s’activent à poser des cintres qui soutiendront les voûtes durant le chantier de restauration. Cette partie de chantier devrait durer jusqu’au milieu de l’été 2021.
La place sera ensuite cédée aux maçons pour la remise en place des croisées d’ogives, dans la nef, le transept et le chœur et la consolidation des arcs-boutants.

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Objectif 2024 maintenu

La reconstitution de la charpente et de la flèche amorcera la fin de chantier. Toutefois, afin de prévenir tout risque de sinistre, un cloisonnement coupe-feu du grand comble et des dispositifs de sécurité seront installés.
L’objectif d’un retour du public dans l’édifice en 2024 – année des Jeux Olympiques de Paris – est plus que jamais d’actualité.

Poème
LE CHÊNE DE NOTRE-DAME
Distingué entre cent pour sa taille parfaite
Sa droiture exemplaire et sa noble prestance,
Il songeait néanmoins avec mélancolie
A cette longue vie que le temps martyrise.

Il a deux fois cent ans et sa pauvre mémoire
A perdu pour de bon les plus beaux souvenirs ;
Mais point de dos courbé, point de hanche fragile ;
Aujourd’hui, le géant se dresse vers le ciel.

Il confesse en secret son destin monotone
Devenu sans attrait, voué à la solitude  ;
La vieillesse est douleur, jouet des maladies,
Dans la constante peur de l’orage fatal.

Lui qui osait rêver la vie près la mort
Reçoit ce jour béni, le sceau de NDP,
Porteur d’une sublime, unique destinée  :
Rejoindre la forêt sacrée de Notre-Dame.
René Le Bars
NDP : Notre-Dame de Paris Inscrit en lettres rouges sur le tronc. 17 mars 2021