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Réussir le sommet 2016 de la FRANCOPHONIE à ANTANANARIVO

feuillages (3)

« Feuillages » (JPRA)

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REUSSIR LE SOMMET DE LA FRANCOPHONIE 2016 A ANTANANARIVO

 

D’aucuns se posent encore la question de savoir si oui ou non Antananarivo doit recevoir cette année, en novembre, le prochain Sommet de la Francophonie.

 

La question ne se pose pas en ces termes ; elle est, par contre, de savoir comment Madagascar et les Malagasy vont savoir se mobiliser résolument pour être dignes de la confiance et de la considération manifestées par la communauté francophone, et pour récolter les bénéfices à en attendre.

 

D’autres se posent la question de savoir ce que la Francophonie peut apporter à Madagascar et aux Malagasy …

 

Ici également, la question ne se pose pas en ces termes alimentaires ; elle est, par contre, de se convaincre qu’en partageant les valeurs et les moyens générés par chacun des membres de la Francophonie, ce au-delà du simple partage du français comme langue, c’est un enrichissement mutuel, mais aussi un enrichissement particulier pour chacun des membres, qu’il convient d’entretenir et d’amplifier.

 

RAPPEL DES ACQUIS DIPLOMATIQUES

 

Afin de se convaincre, s’il en est besoin, de l’obligation morale où Madagascar et les Malagasy se trouvent que cette mobilisation se doit d’être transformée en une cause nationale, un rappel des acquis diplomatiques malagasy est nécessaire ; des acquis à capitaliser et à exploiter absolument.

 

Ainsi :

 

  1. Depuis qu’en octobre 2002, le Président Ravalomanana a réussi, au Sommet de Beyrouth, à capter l’attention des pays membres de la Francophonie grâce à une proposition inédite (la création d’un « Label artisanal francophone »), Madagascar a tracé en Francophonie un destin remarqué. C’est alors qu’au bout d’un travail intense, en particulier avec l’équipe rapprochée du Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, le Représentant personnel du Président Ravalomanana fut tôt sollicité pour faire partie d’un comité restreint de rédaction de la nouvelle charte devant faire de l’OIF une organisation digne de l’importance croissante des missions que ses membres lui assignaient ;

 

  1.  Dès lors, dans un élan aussi logique qu’incontournable et pour faire honneur à l’implication signalée de Madagascar pour le développement de la Francophonie, Antananarivo fut choisie pour recevoir en novembre 2005 le Conseil permanent de la Francophonie ainsi que la Conférence ministérielle de la Francophonie, où figurait à l’ordre du jour, à titre principal, l’examen suivi de l’adoption de la nouvelle Charte de la Francophonie. Cette Charte fut adoptée à l’unanimité, de sorte que l’OIF dans sa structure et configuration actuelles, avec sa vocation multidimensionnelle au service de la Francophonie, fut née à Antananarivo, de sorte que la nouvelle charte de l’OIF porte officiellement et tout naturellement le nom de « Charte d’Antananarivo » ;

 

  1. La troisième étape de ce qui est désormais considéré comme une avancée diplomatique importante de Madagascar vient en 2006, lors du Sommet de la Francophonie à Bucarest (Roumanie). Toujours à la suite d’un travail intense du Représentant personnel du Président Ravalomanana auprès de l’OIF, le principe de la tenue en 2010 du Sommet de la Francophonie à Antananarivo avait été retenu pour être définitivement acquis, entraînant subséquemment la mise à l’écart des candidatures de Phnom-Penh (Cambodge) et du Congo-Kinshasa ;

 

  1. Par la suite, cet acquis diplomatique important pour Madagascar marquant le grand intérêt manifesté par l’ensemble du monde Francophone à notre pays, a été formellement acté lors du Sommet de la Francophonie de 2008 à Québec (Canada), la règle étant que la décision formelle concernant le lieu du Sommet intervienne seulement deux ans avant ledit Sommet ;

 

  1. Nous savons tous pourquoi malheureusement, dû aux destructions et avatars du coup d’Etat de mars 2009, ce Sommet 2010 de la Francophonie n’a finalement pas pu se tenir à Antananarivo, ce à la grande déception des membres de l’OIF. Le Sommet 2010 s’est donc tenu à Montreux (Suisse). Les Sommets suivants se sont tenus successivement à Kinsasha (2012) et à Dakar (2014).

 

L’OBLIGATION DE REUSSIR

 

 C’est dire que pour confirmer l’important acquis diplomatique des années considérées durement mais brillamment obtenu, pour son honneur et pour respecter ses engagements historiques, sans parler des bénéfices de tous ordres attendus, Madagascar se doit de tout mettre en œuvre afin que ce Sommet 2016 se tienne effectivement à Antananarivo. Au nom de la continuité diplomatique, et pour que Madagascar maintienne son rang au sein de la grande famille francophone, c’est donc une grande responsabilité qui incombe aujourd’hui au Chef de l’Etat malagasy et à son gouvernement.

 

 Or, on sait que de sérieuses interrogations interviennent devant les retards enregistrés pour le financement du budget, dans la construction du village consacré au Sommet, dans la mise en place du dispositif de communication ou dans la formation des équipes logistiques, pour ne citer que ces aspects, tout cela semant un grand doute à seulement 8 mois de ce grand rendez-vous diplomatique.

 

 Ni le Chef de l’Etat, ni le gouvernement, n’ont à ce jour sérieusement communiqué pour donner aux Malagasy et à la communauté francophone les assurances attendues. En effet, les communications intervenues à ce jour apparaissent trop parcellaires.

 

 Il y a donc urgence à ce que, a minima, certaines initiatives soient prises, tels que :

 

  • un communiqué argumenté de la Présidence de la République réaffirmant l’honneur que Madagascar et les Malagasy ressentent de recevoir en novembre 2016 le prochain Sommet de la Francophonie, et rappelant la thématique de ce sommet avec ses déclinaisons en termes économiques, culturelles, sociales et en direction de la Jeunesse ;

 

  • une conférence de presse de la ministre des affaires étrangères (ou de son représentant) informant dans les détails du fait que les installations et dispositifs de tous ordres sont à telle ou telle phase de réalisation, avec à l’appui un calendrier précis d’étapes.

Mais, la communication n’est bien sûr que l’expression d’un travail de fond.

Car pour le reste, une intensification des initiatives diplomatiques du Représentant personnel du Président de la République auprès de l’OIF et du comité spécial chargé de la préparation du Sommet est nécessaire. L’état d’avancement des préparatifs dudit sommet doit en effet être clairement programmé, dynamisé, séquencé et suivi, car c’est aussi à ce genre de disposition que s’apprécie la détermination de Madagascar par l’ensemble des pays-membres, en particulier par ceux qui détiennent la clé des finances et que ceux-ci se décident à nous appuyer significativement sur les plans financier et matériel.

Madagascar et les Malagasy ont donc tout à gagner à réussir cet évènement qu’est la tenue du prochain Sommet de la Francophonie à Antananarivo, constituant ainsi un des marqueurs de cette polarisation et de ce redressement que de façon constante nous souhaitons ardemment pour la 4ème plus grande île du monde.

Jean-Pierre Razafy-Andriamihaingo

Ancien Représentant personnel du Président de la République de Madagascar auprès de l’OIF et ancien membre du Conseil permanent de la Francophonie.

 


Voir en ligne : https://labodiplo.wordpress.com/201…

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