LORRAINE : Sylvain Teutsch décoré de la médaille d’or du Rayonnement culturel de La Renaissance Française Très engagé dans l’essor des arts, de la musique, du patrimoine et de sa région en Lorraine, il a sorti de l’ombre un grand musicien oublié du 19è siècle, Théodore Gouvy, souvent comparé à Berlioz.

, par  Larenaissancefrancaise
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Sylvain Teutsch, président fondateur de l’Institut Théodore-Gouvy.

Ancien fonctionnaire de Police, Sylvain Teutsch est surtout connu en qualité de fondateur et président de l’Institut Théodore-Gouvy, du nom du musicien auquel le répertoire classique de la période romantique doit environ trois cents oeuvres dont deux tiers de musique de chambre, vingt-quatre oeuvres pour grands orchestres, neuf symphonies, quatre oratorios, deux opéras...
Afin que ce grand maître sorte de l’oubli, en 1995, Sylvain Teutsch fondait à Hombourg-Haut, dans la maison où il a vécu 30 ans, l’institut Gouvy, devenu aujourd’hui le centre de ressources de référence.
Avec des bénévoles français et allemands et une salariée, l’institut s’est donné pour mission de répertorier le fonds musical du compositeur, prêté par sa famille, éditons et rééditons ses oeuvres et d’organiser un festival.
Lors de la remise de médaille, le président international de La Renaissance Française, le professeur Denis Fadda, a souligné l’engagement du récipiendaire au service de la paix par la culture, et au service de ses concitoyens dans divers fonctions électives.

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Lors de la cérémonie de remise de médaille à Sylvain Teutsch.

Le discours du professeur Denis Fadda, président international de La Renaissance Française

Monsieur,
Vous appartenez à cette terre de Lorraine si souvent disputée et meurtrie, mais vous appartenez surtout à Hombourg-Haut, un lieu chargé d’histoire, riche d’un patrimoine unique auquel vous vous êtes passionnément intéressé. Vous faites aussi partie d’une terre privilégiée car la musique y tient une grande place, et vous n’y êtes pas pour rien.

Vous avez fait votre carrière dans la Police nationale et êtes aujourd’hui Major Honoraire. Si vous avez été élevé à l’honorariat, cela signifie une carrière sans faille, une carrière de droiture et de rectitude. D’ailleurs, vous avez reçu la Médaille d’honneur de la Police nationale en 1988 et avez été lauréat du prix « Servir » décerné par le Rotary-Club en 1995. Tout est dit !

Mais, hors de la Police nationale où vous avez donné le meilleur de vous-même, je vois deux grands axes dans votre vie, la passion de la musique et l’amour du patrimoine.

Ceci intéresse particulièrement notre institution, La Renaissance Française, créée par le Président Raymond Poincaré, un fils de la Lorraine, pour contribuer à la paix dans le monde, par le vecteur de la culture, de la culture partagée.

« Promouvoir la culture, œuvrer pour la paix, distinguer les mérites », telle est sa devise. Dès ses origines, elle a été autorisée à accorder des distinctions, sous le contrôle de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur. Il est à noter que Hubert d’Andlau-Hombourg a été, au milieu du siècle dernier, l’un de ses présidents d’honneur de La Renaissance Française succédant notamment à Lyautey et à Louis Madelin et précédant, entre autres, Maurice Schumann, Simone Veil et aujourd’hui, le chancelier Gabriel de Broglie, tous membres de l’Académie française.

Et nous sommes ici pour vous remettre l’une de ces distinctions, la Médaille d’or du Rayonnement culturel, en raison de votre œuvre dans le domaine de la culture, car votre œuvre culturelle s’inscrit dans une démarche de paix. Vous rejoignez ainsi l’horizon de La Renaissance Française, « la paix par le savoir et la culture ».
J’ai dit que je voyais dans votre vie deux grands axes, la musique et le patrimoine.
Dans le domaine de la musique, votre action est impressionnante.

Choriste au chœur d’hommes de Hombourg-Haut dès l’âge de 15 ans, vous en avez été le président pendant près de vingt ans et en êtes, actuellement le président d’honneur. Par la suite, et durant cinq années, vous avez été Membre de la Commission nationale du chant choral de la Confédération musicale de France.
Votre passion vous a conduit à faire redécouvrir Théodore Gouvy dont votre ville a célébré, avec vous, le bicentenaire l’an dernier. Ce grand compositeur romantique né à Sarrebruck et qui a vécu à Hombourg pendant trente années, avait curieusement été oublié après sa mort, à la fin du XIXe siècle.

Notre pays ne sait pas toujours être juste avec les siens et c’est bien pourquoi, à La Renaissance Française, nous encourageons vivement nos délégations à faire vivre ou revivre les cultures régionales et locales et à mettre en évidence la vie de personnages talentueux, quelquefois complètement oubliés là même où ils ont vécu. La culture de la France, c’est d’abord la culture de ses régions.

Au début des années 1990, vous avez été l’un des artisans de la création de la collection discographique « Mémoire musicale de la Lorraine ». Cette belle collection a commencé avec l’enregistrement de deux œuvres de Théodore Gouvy, ce qui a largement contribué à le faire connaître. Elle a aussi permis de mettre en évidence le Choeur d’Hommes de Hombourg-Haut ainsi que l’Institut Théodore Gouvy.

Dans le cadre des Rencontres Musicales de Hombourg-Haut que vous avez eu le grand mérite de créer en 1990, et auxquelles la municipalité, avec beaucoup de jugement, a apporté tout son soutien, vous avez aussi contribué à faire revivre Théodore Gouvy en lui dédiant ce festival international qui ne cesse de prendre de l’importance.

Par ailleurs, en 1995, vous avez pris l’heureuse initiative de fonder l’Institut Thédore Gouvy, déjà cité, dont vous êtes logiquement devenu le président. Là encore, le soutien de la municipalité a été essentiel ; elle héberge d’ailleurs l’Institut dans la Villa Gouvy.

Toujours dans le domaine de la musique, vous avez été le fondateur de l’Association « Les Amis des orgues de Hombourg-Haut ». Elle est aujourd’hui présidée par Philippe Delacour, l’un des meilleurs organistes de notre époque, qui est un enfant du pays. Vous êtes Membre du conseil d’administration de l’Association Départementale pour la Danse et l’Activité Musicale de Moselle, l’A.D.D.A.M. 57, ainsi que de « Moselle Arts Vivants », en tant que représentant des Sociétés musicales amateurs du département de la Moselle, et ce depuis de très nombreuses années.

Cet engagement dans le domaine de la musique est considérable ; la ville de Hombourg-Haut est devenue un pôle musical et vous y êtes pour beaucoup. Vous avez d’ailleurs été nommé chevalier des Arts et Lettres, vous avez aussi été lauréat du prix des Arts, décerné par l’Académie nationale de Metz.

A cette occasion, je veux saluer le Maire et la municipalité de Hombourg-Haut qui conduisent une politique remarquable en ce domaine. Et je pense que ce n’est pas une simple coïncidence si votre ville est jumelée avec une commune de ce grand pays de la musique qu’est l’Italie ; une commune près de l’extraordinaire ville d’Urbino, San Giorgio di Pesaro, aujourd’hui appelée Terre Roveresche, suite à une fusion de communes.

Hombourg-Haut dispose d’un patrimoine historique et monumental remarquable et bien des événements importants s’y sont déroulés : la forge installée par Jean-Charles de Wendel sur la Rosselle en 1758 a été le point de départ de la vocation industrielle de la ville ; plus tard, la congrégation des sœurs de la Providence de Saint André de Peltre a été fondée tout près de là par l’Abbé Antoine Gapp qui, peu après, est devenu curé de Hombourg. Ce sont des exemples de faits qui ont tissé l’histoire de la ville.

Vous avez beaucoup agi pour mettre en valeur et faire aimer ce grand patrimoine. Je pense, notamment. aux manifestations du 750e anniversaire de la ville. Votre action a été d’autant plus efficace que vous avez appartenu, à la fois à l’office du tourisme et au conseil municipal.

Vous avez été Membre fondateur et Vice-président de l’Office de tourisme de Hombourg-Haut en 1991, au moment où vous conceviez les « Rencontres musicales » ; vous avez exercé cette fonction jusqu’en 2004. Vous en avez été ensuite son président jusqu’en 2009. Après sa fusion avec l’Office communautaire, vous êtes devenu Membre de l’Office du Tourisme de la communauté de communes de Freyming/Merlebach.

Vous avez œuvré de façon constante et efficace dans le domaine du tourisme tant au niveau départemental que régional. Vous avez été vice-président de l’Union Départementale des Offices de Tourisme et Syndicats d’initiative de la Moselle, l’U.D.O.T.S.I, ainsi que Membre du conseil d’administration de la Fédération Régionale des Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative de la Lorraine, le F.R.O.T.S.I.

Si bien que la Médaille de bronze du Tourisme vous a été attribuée.
Dans le même temps, je veux dire entre 2001 et 2008, vous avez appartenu au conseil municipal de Hombourg-Haut et vous y avez exercé, tout naturellement, les fonctions de deuxième adjoint au Maire en charge de l’intercommunalité, de la culture, du patrimoine, du tourisme et de la vie associative.

Vous avez été aussi conseiller de la Communauté de communes que vous avez représentée au sein de l’Association transfrontalière « Sarre Moselle Avenir ». A ce titre, vous avez été Membre du comité de pilotage qui a donné naissance à l’ « Euro District » et vous avez été aussi membre du comité de pilotage du projet de « Métropole Sarrebruck-Moselle-Est » qui, malheureusement n’a pas abouti.

Nous touchons là à une autre de vos grandes entreprises. Passionné d’histoire régionale, vous savez combien les destins de la Moselle et de la Sarre sont imbriqués. Conscient de la richesse de ces liens historiques et de l’intérêt commun à les vivifier, vous vous êtes beaucoup investi dans des projets transfrontaliers.
Je ne sais plus quel écrivain a écrit : « Surtout veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse ! »

Il semblerait que vous, Monsieur, vous en avez fait un principe de vie.
Votre dynamisme n’est jamais satisfait et un projet toujours succède à un autre. Vous réussissez à obtenir de ses descendants le piano de Gouvy et aussi à le faire venir de Bordeaux pour enfin le placer là où il se trouvait du temps du grand compositeur, dans la Villa Gouvy.

Pour cela, vous obtenez de trois clubs du Rotary une aide financière ; ce n’était pas si simple. Je dois souligner que vous êtes d’ailleurs vous-même l’un des fondateurs du club Rotary auquel vous appartenez.
Vous ne cessez jamais de rechercher des partitions inconnues de Gouvy et lorsque vous les dénichez vous organisez leur création, offrant ainsi des concerts très émouvants. Walter Glössner, venu de Sarrebruck pour assister à cette cérémonie en sait quelque chose ; l’amitié qui vous unit et la collaboration qui en découle dans le domaine de la musique constituent un bel exemple d’action fructueuse reliant les deux côtés de la frontière.

Shakespeare a écrit :

« Le temps est très long pour ceux qui attendent,
Très rapide pour ceux qui ont peur,
Très long pour ceux qui se lamentent,
Très court pour ceux qui festoient
Mais pour ceux qui aiment le temps est éternité »

Pour vous, Monsieur, le temps est éternité car vous aimez profondément l’œuvre que vous accomplissez, au service de la musique, au service du patrimoine, au service de la communauté et, particulièrement de cette ville de Hombourg-Haut que vous avez bien raison de chérir.

La cérémonie de remise de la haute distinction de La Renaissance Française a été saluée par la presse lorraine

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